Cinq questions sur l'arrivée de la 5G à Marseille

L'opérateur télécom Orange a lancé son réseau mobile 5G le 3 décembre dans cinq villes françaises, dont Marseille. Cette technologie, qui va bouleverser les habitudes des Marseillais soulève certaines questions.
 
Orange a installé 200 émetteurs pour faire fonctionner la 5 G à Marseille.
Orange a installé 200 émetteurs pour faire fonctionner la 5 G à Marseille. © FTV
Orange a allumé sa 5 G à Marseille. L'opérateur de téléphonie mobile a installé quelques 200 antennes sur les toits de la ville pour faire fonctionner le nouveau réseau. Sujet de controverse, la 5G divise les scientifiques et suscite une certaine défiance de la part du public. Certains élus y sont opposés pour son impact sur l'environnement et la santé. France 3 répond à cinq questions sur la 5G.5 G comme 5e Génération. Cette technologie révolutionnaire succède à la 4e Génération de la téléphonie moblie lancée en 2012. La 5 G présente trois principaux atouts : l'augmentation des débits, la réactivité du réseau et la capacité à connecter plus d’objets et de personnes.

Elle va permettre un très grand nombre de connexions simultanées et l'on pourra traiter beaucoup plus de données.Son débit est 3 à 4 fois supérieur à celui de la 4G au démarrage et 10 fois plus quand le réseau sera développé. Plus spectaculaire encore, le temps de latence du réseau. Avec la 4 G, le temps de réponse est de 30 à 40 millisecondes, avec la 5 G, il est de l'ordre de la milliseconde.10 fois plus rapide que la 4G. La 5 G devrait permettre à terme d'échanger 1.000 fois plus de données sur les réseaux. C'est l'équivalent de la fibre optique, sans avoir besoin de se connecter à un réseau filaire. On va ainsi pouvoir regarder des films en HD sur son smartphone ou jouer à des jeux de réalité virtuelle. 

Mais pour en profiter, il faudra s'équiper d'un nouveau smartphone, compatible et plus couteux. Les forfaits 5G seront aussi plus chers. Un différentiel de cinq euros, par rapport à la 4G, selon Orange, qui annonce des tarifs démarrant à 25 €, avec des tarifs plus avantageux encore pour les clients de la box. 

Dans le monde du travail, les applications de la 5 G sont multiples, dans les domaines les plus variés. "Ça ouvre des champs dans l'industrie 4.0 avec les robots commandés à distance, la téléprésence, la réalité augmentée et virtuelle, la sécurité des bateaux dans les ports, la télémédecine, l'automobile autonome, explique Fabien Finucci, directeur régional Orange en Paca. On va aussi avoir de plus en plus d'objets connectés dans le monde de l'entreprise ou pour le grand public. On parle de dizaines de milliards d'objets connectés à venir. La 5G sait connecter jusqu'à un million d'objets au km2".Plus de 100 villes en 5G en décembre. Ce jeudi, Orange lance la 5G dans cinq grandes villes, Nice, Marseille, Le Mans, Angers et Clermont-Ferrand. Le réseau sera étendu à une centaine d'agglomérations en décembre, notamment dans la région, à Toulon. La concurrence est forte entre les opérateurs en France. SFR a déjà lancé sa 5G à Nice le 20 novembre et compte aussi étendre sa couverture à plus de 120 communes d'ici la fin de l'année.

"La priorité est donnée aux grandes agglomérations compte tenu de la croissance très importante du trafic en 4 G, qui est de 40% par an, indique Fabien Finucci. Dans les grandes villes, la 4 G arrive à saturation. Donc, la première urgence pour déployer la 5G, c'était de soulager la 4G". Les zones rurales devront attendre un peu. "La priorité dans les zones plus rurales c'est de terminer la couverture 4G", précise-t-il. La 5G devrait arriver progressivement dans les campagnes à l'horizon 2022.Plus d'un milliard de personnes auront accès à la 5G en 2020. Comme ses homologues écologistes de Bordeaux et Lyon, la maire de Marseille a signé une tribune de plus de 70 élus de gauche en septembre dans le JDD, demandant un moratoire sur le déploiement de la 5G. Ils dénoncent l'impact environnemental de cette technologie dont on prévoit une utilisation exponentielle. Ils s'inquiètent notamment de l'exploitation des ressources naturelles non renouvelables et de la pollution induite par la production de nouveaux smartphones compatibles.

Les opposants à la 5G s'alarment aussi de la surexposition de la population aux ondes. Dans son rapport rendu en octobre 2019, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) reconnaît "un manque important voire une absence de données relatives aux effets biologiques et sanitaires potentiels" d'une exposition aux fréquences 5G. L'expertise finale devrait être connue courant 2021.Des avis scientifiques très divergents. Certains affirment que la 5 G serait cancérigène. "L'OMS a recensé plus de 20.000 études sur les ondes électromagnétiques ces 25 dernières années, aucune n'a conclu à des risques sanitaires", rétorque le directeur régional Orange en Paca. Et dans 17 pays où elle est déjà lancé comme l'Allemagne, l'Angleterre, les Etats-Unis, les Pays-Bas, la Suisse, l'Australie, les autorités sanitaires ont conclu à l'absence de risques sanitaires. L'opérateur souligne aussi que le nombre d'émetteurs n'a pas été augmenté à Marseille et que les nouvelles antennes sont installées sur les sites déjà équipés pour la 4G. 

En septembre 2020, un rapport intitulé "Déploiement de la 5G en France et dans le monde : aspects techniques et sanitaires" a été remis au gouvernement. Il affirme qu"'il n'existe pas, selon le consensus des agences sanitaires nationales et internationales, d'effets néfastes sur la santé avérés à court terme, en dessous des valeurs-limites d'exposition recommandées." 
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