Coronavirus : le masque de plongée de Decathlon testé par les marins-pompiers de Marseille

Paul Amas, chirurgien dentiste, assure que le masque intégral Decathlon est totalement étanche aux "postillons". / © Paul Amas
Paul Amas, chirurgien dentiste, assure que le masque intégral Decathlon est totalement étanche aux "postillons". / © Paul Amas

Depuis quelques jours, un dentiste marseillais lance un appel pour que tous les personnels soignants, en première ligne face au COVID 19, se protègent avec le masque de snorkeling de Decathlon. Selon lui, ce masque est très efficace. Les marins-pompiers de Marseille vont le tester en intervention.

Par Ludovic Moreau

Comme chaque jour depuis le début de l'épidémie de COVID 19, Paul Amas, chirurgien-dentiste à Marseille, doit intervenir pour des urgences dentaires. Pour se protéger efficacement des risques de contamination, il renforce sa tenue habituelle par une combinaison de peintre et porte désormais le masque de snorkeling (randonnée aquatique), "Easybreath", de Décathlon.

"Quand je porte ce masque, je me sens en sécurité et je peux travailler facilement", explique Paul Amas. Il précise que les dentistes sont très près du visage de leurs patients.

Complètement étanche

"Ce masque ne protège pas contre le coronavirus", prévient le chirurgien-dentiste, "il protège contre les projections de mucus des patients". Il rappelle, si besoin était, que le virus ne vole pas, il se transmet par les postillons.

Ce masque, il l'a testé sur lui et il est convaincu de son efficacité. "Je me suis aspergé avec un pistolet à peinture qui envoie des gouttelettes à 60 km/h et je n'est rien reçu", affirme-t-il, "d'ailleurs, lorsque vous portez ce masque dans l'eau, vous constatez qu'il est complétement étanche".
Fort de cette expérience, Paul Amas appelle tous les soignants à porter ce masque pour se protéger du coronavirus. "Il n'y a pas de chiffres officiels, mais nous savons que plusieurs centaines de soignants sont malades de COVID 19" et il ajoute :

Pour que vous viviez, il faut qu'on vous survive.

Depuis cette première vidéo sur sa page Facebook, Paul Amas multiplie les démonstrations et les témoignages.

Il reconnaît que le masque de snorkeling de Decathlon n'est pas homologué et qu'il s'agit d'un détournement de sa fonction première, "mais qu'importe, on est dans l'urgence", insiste-t-il.
De son côté, l'Agence Régionale de Santé (ARS) Paca indique qu'elle n'a pas encore d'avis officiel sur l'utilisation de ce masque pour protéger les soignants, mais que des tests pourraient être en cours.

Décathlon prêt à faire don de ses masques

La société Décathlon tient à préciser que son masque "Easybreath" a été conçu pour la randonnée aquatique, mais "si ce matériel peut rendre service aux hôpitaux et aux personnels soignants, nous sommes prêts à faire don de nos masques", indique Philippe Dourcy, porte-parole de Décathlon France.

Il ajoute que six masques ont déjà été donnés à un hôpital parisien, pour réaliser des tests.

Pour permettre d'aller plus vite dans la recherche de solution d'adaptation l'équipementier sportif a donné les plans du masque en 3D.
Décathlon indique qu'elle aidera en priorité les hôpitaux qui le souhaitent, mais précise sur son compte Twitter que : "à ce jour nous n’avons pas eu de validation sur le fait que des solutions fonctionnaient réellement et étaient utilisées par des médecins".

A Marseille, Décathlon confirme avoir donné, par l'intermédiaire de Paul Amas, 15 masques "Easybreath" à l'hôpital de la Timone et 20 masques à une caserne du bataillon des marins-pompiers de Marseille.

Compte tenu des mesures de confinement, les magasins et les entrepôts Decathlon sont fermés. "Il est difficile d'estimer le nombre de masques disponibles en France", explique Philippe Dourcy, "mais le directeur régional Paca doit se rapprocher de l'AP-HM pour estimer ses besoins", ajoute-t-il.

Un masque testé par les marins-pompiers

Le bataillon des marins-pompiers de Marseille est interessé par le masque Décathlon et a confié des tests à réaliser par son bureau d'étude et sur le terrain.

"Dans quelques jours, nous allons tester un masque dans un ambulance de réanimation médicalisée", indique le bataillon,

"Il s'agit de mesurer l'efficacité de ce masque dans le cadre d'une manipulation d'intubation et dans la dynamique de protection de la projection humaine".

"Ce masque est en aucun cas destiné à se protéger du coronavirus, mais des projections de mucus de la personne prise en charge", insiste le bataillon.

En ce qui concerne la protection contre le virus, les marins-pompiers sont équipés de moyens qui ont déjà été éprouvés contre le virus Ebola.

L'AP-HM indique seulement avoir reçu beaucoup de dons de matériels, mais assure que pour le moment, les masques Decathlon ne sont pas utilisés en service de réanimation.
 

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