Crash de la Yemenia Airways : début du procès très attendu à Paris par les familles des victimes de Marseille

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Ce lundi 9 mai à Paris, le procès du crash de la Yemenia Airways qui a fait 152 morts va s'ouvrir, 13 ans après les faits. Les familles de victimes de Marseille attendent des réponses et des condamnations pour enfin pouvoir faire le deuil.

Le 29 juin 2009, au large des Comores, un Airbus A 310 de la Yemenia Airways s'abimait en mer. Les conditions météo étaient mauvaises l'avion devait se poser sur une piste en bord d'océan et d'dépourvu de radars d'approche, l'atterrissage devait se faire sans liaison entre l'équipage et la tour de contrôle, l'avion s'écrasera en mer.

Les passagers étaient partis de Paris via Marseille dans un A330 pour Sanaa au Yemen où ils avaient embarqué dans un A310 âgé de 19 ans. L'appareil n'avait plus le droit de survoler le territoire français, car il ne répondait plus aux normes de sécurité
européennes.

"On n'a jamais voulu mettre cet accident sur le dos de la fatalité. Ce sera le procès des "avions-poubelles", le procès des manquements, de l'irresponsabilité, qui font que, avec la course aux profits, on arrive à des drames", insiste Saïd Assoumani, le président de l'association des familles de victimes. 

"Ces compagnies arrivent à contourner le système avec des avions qui sont aux normes en Europe, notamment en France, Roissy et Marseille, mais ce ne sont pas des vols directs. On change d'avion en cours de route", précise Saïd Assoumani.

Plus grave, le président de l'association met en doute les compétences des pilotes employés par la compagnie Yémenia,  "il faut parler de l'équipage, des pilotes: pour rentabiliser les vols, ils utilisaient de "faux pilotes", qui n'avaient pas la formation nécessaire, qui n'avaient pas l'expérience nécessaire".

Selon lui c'est ce qui est en cause dans l'atterrissage raté dans la nuit du 29 au 30 juin 2009.

"À ce moment ce moment-là précis, il fallait une manœuvre à vue, c'est-à-dire sans assistance électronique ou radar, donc là c'est la compétence du pilote qui est en première ligne".

Le crash a fait 152 victimes. 75 d'entre elles vivaient à Marseille dont la seule survivante, Bahia Bakari, une jeune fille de 12 ans.

 13 ans après les faits, quelles responsabilités ?

Le procès de la Yemenia Airways va débuter lundi 9 mai à 13h30 devant la 31ème chambre du tribunal judiciaire de Paris.

Pendant quatre semaines d’audience, jusqu'au jeudi 2 juin 2022, le tribunal va examiner les responsabilités, dans cet accident, de la compagnie Yemenia Airways, qui encourt 225.000 euros d’amende pour homicides et blessures involontaires.

Un procès très attendu par les familles des victimes, 13 ans après les faits.

 "L’Association des familles de victimes, la victime survivante et les centaines d’ayants droit des victimes décédées espèrent qu’enfin Justice sera faite et que la compagnie ne sera plus jamais amenée à assurer le transport de personnes physiques entre la France, l’Europe et l’Union des Comores ou toute autre destination", explique Saïd Assoumani, président de l'Association des familles de victimes.

La compagnie aura également à répondre de ses négligences et manquements qui sont à l’origine des blessures de Bahia Bakari. Seule survivante du vol, la jeune femme sera présente au procès.   

L'association des familles de victimes exprime "sa satisfaction de voir enfin l’ouverture du procès après bientôt 13 années d’instruction, de procédure et d’attente, mais ne peut aussi que ressentir une douloureuse et profonde frustration en ce que les responsables de la compagnie aérienne ne semblent pas à ce jour envisager de faire face à leur responsabilité et de répondre aux interrogations de la juridiction en pratiquant une totale indifférence dans une politique de la « chaise vide »".

Au programme aussi de ce procès; des questions concernant les alertes des passagers à plusieurs reprises "auprès de la compagnie et aussi par la presse et auprès des pouvoirs publics en raison du danger et la maltraitance causée par cette compagnie bien avant que ne survienne la catastrophe". Des alertes qui n'auraient jamais été prises en compte par la Yemenia Airways.