Crise énergétique : un chèque énergie pour 12 millions de foyers, "C'est insupportable que les gens aient froid chez eux"

La première ministre Elisabeth Borne a annoncé ce mercredi que des "chèques énergie exceptionnels" de 100 ou 200 euros seront versés à 12 millions de foyers. Une mesure nécessaire face à l'urgence de la situation selon l'association Stop exclusion énergétique à Marseille.

"Il faut passer l'hiver, tout est bon à prendre", réagit Gilles Berhault, délégué général de l'association Stop exclusion énergétique. On ne peut que se réjouir."

La Première ministre Elisabeth Borne a annoncé mercredi la prolongation en 2023 du bouclier tarifaire qui comprendra une hausse limitée des tarifs du gaz et de l'électricité de 15% pour les ménages, les petites entreprises et les petites communes.

Elisabeth Borne promet aussi un "accompagnement des plus modestes" avec le versement de nouveaux chèques énergie d'une valeur de 100 à 200 euros, selon le revenu. 12 millions de foyers sont concernés. Soit quatre foyers sur dix estime le ministère.

Progression de la précarité énergétique à Marseille

Marseille est l'une des grandes villes de France où le niveau de pauvreté est le plus important. Il dépasse les 25% (contre 14% au niveau national) et est en augmentation.  Le quart de la population vit avec un revenu disponible inférieur à 1.000 euros par mois.

A l'automne 2021, 6 millions de personnes avaient perçu un chèque d'un montant moyen de 150 euros. Le nouveau chèque, mesure "exceptionnelle", sera versé "d’ici la fin de l’année", promet la Première ministre.

La précarité continue de s'étendre à Marseille. La délégation du Secours catholique à Marseille constate l'arrivée d'un nouveau public dans les lieux d'accueil de jour.

"Le public des centres d'accueil du Secours catholique était jusqu'à présent des personnes vivant dans la rue ou dans des logements très précaires. Mais depuis cette année, des personnes se sont présentées pour la première fois pour demander de l'aide pour régler des factures d'énergie qu'ils ne sont pas en mesure de payer."

Objectif : rénovations massives

Si l'association Stop exclusion énergétique salue la prolongation du bouclier tarifaire et le versement de nouveaux chèques, elle n'en oublie pas son objectif : rénover massivement chez les personnes les plus pauvres, soit celles qui gagnent moins de dix euros par jour. 

"On est face à une double situation. Une situation d'urgence, on ne peut pas laisser les gens avoir froid, et celle à régler dans le temps. C'est notre expertise". 

"C'est insupportable que les gens aient froid chez eux. Ca agit sur la santé, la scolarité des enfants... Ca a de très nombreuses conséquences", explique Gilles Berhault.

"C'est important que l'on distribue ce chèque énergie et surtout qu'on puisse le donner à tout le monde. Que ceux qui en ont le plus besoin le touchent. Il ne faut pas que cela suffise et que l'on n'agisse pas par la suite".

L'association souligne la difficulté actuelle : la crise énergétique qui croise une crise climatique. "Nous sommes dans une région qui a eu pendant longtemps des conditions météo relativement stables. Il ne faisait pas très froid l'hiver. Maintenant c'est fini."

Aujourd’hui la situation totalement catastrophique, y compris l'été. La précarité énergétique existe toute l'année. Il faut massivement isoler.

Gilles Berhault

Association Stop exclusion énergétique

Eradiquer la précarité énergétique d'ici 2030 à Marseille

En partenariat avec l'association Stop exclusion énergétique, la Ville de Marseille s'est engagée en mars dernier contre la précarité énergétique. Et d'abord auprès des plus démunis. Ce fléau toucherait 10 % des Marseillais.

"Il faut une volonté collective pour agir vite. Ce n'est pas important de savoir qui est responsable, mais comment on peut accélérer considérablement le démarrage de chantier. On a besoin de sous, de collaborations entre associations, des artisans, d’impliquer plus de gens."


En attendant les chantiers au long cours, le chèque énergie permettra d'aider les plus pauvres cet hiver. Ce chèque représente un coût de 1,8 milliard d'euros pour l'Etat. Le gouvernement lancera par ailleurs une campagne de communication le 10 octobre pour inciter aux économies d'énergie, avec le slogan "chaque geste compte".