Le député LREM François-Michel Lambert visé par des menaces

Le député LREM François-Michel Lambert à l'université d'été du Medef en juillet 2017. / © Vincent Isore/IP3
Le député LREM François-Michel Lambert à l'université d'été du Medef en juillet 2017. / © Vincent Isore/IP3

Le député François-Michel Lambert a pris position contre la Loi Asile-Immigration, adoptée dimanche dernier à l'Assemblée nationale. Avec deux autres parlementaires de la majorité LREM, le député des Bouches-du-Rhône a été visé par des menaces dans une lettre anonyme signée par un étrange comité.

Par Marie Bail

Trois députés LREM vont porter plainte. Ils ont reçu une lettre de menaces de la part du "comité patriotique 732", un groupe anonyme visiblement contre l'accueil des migrants en France. Dans le texte, le comité fustige la prise de position des parlementaires contre la Loi Asile-Immigration, notamment celle de François-Michel Lambert, député de la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône (Gardanne).

Les auteurs menacent les trois députés en leur rappelant qu'il "les a l'oeil". "On connaît votre bobine. Alors comportez-vous en députés responsables. Sans cela...." peut-on lire dans la lettre. 

Notre équipe a rencontré M. Lambert ce 30 avril. "Aujourd'hui le débat est de plus en plus difficile mais ce n'est pas la première lettre qu'on reçoit" déplore le député. / © Marie-Agnès Pelleran
Notre équipe a rencontré M. Lambert ce 30 avril. "Aujourd'hui le débat est de plus en plus difficile mais ce n'est pas la première lettre qu'on reçoit" déplore le député. / © Marie-Agnès Pelleran


Sur son compte twitter, M. Lambert a partagé la lettre. Dans son tweet, le député fait référence aux membres de Génération Identitaire présents dans les Hautes-Alpes pour intercepter les migrants qui souhaiteraient rejoindre la France. 

732, ce chiffre n'est pas choisi au hasard. L'an 732 marque la bataille de Poitiers, au cours de laquelle les troupes de Charles Martel avaient repoussé l'armée omeyyade menée par Abd al-Rahman, gouverneur général d'al-Andalus (le califat alors présent sur la péninsule Ibérique). Charles Martel et la bataille de Poitiers font régulièrement partie de l'argumentaire islamophobe de certains groupes identitaires. 
 

Où en sont les membres de Génération Identitaire dans les Hautes-Alpes?

La préfecture des Hautes-Alpes a annoncé lundi avoir "empêché" des militants de Génération Identitaire (GI) de "poursuivre" leurs patrouilles anti-migrants à la frontière franco-italienne, ce que conteste le groupuscule d'extrême droite.

Depuis le 21 avril et une première manifestation hostile aux migrants au col de l'Échelle, au-dessus de Briançon, ces militants qui agissent sous la bannière du mouvement "Defend Europe" affirment sillonner la région pour "veiller à ce qu'aucun clandestin ne puisse rentrer en France".

Selon leurs dires, ils ont "raccompagné" quatre clandestins à la frontière dans la nuit du 26 au 27 avril puis en ont signalé sept autres à la police la nuit suivante. Selon la préfecture, "huit membres" de Génération identitaire ont à nouveau, dans la nuit du 28 au 29 avril, "tenté de se faire passer pour des supplétifs de l'Etat" en surveillant la frontière, alors que leur mouvement "n'est en rien habilité à agir dans ce domaine" et que cela leur a été "clairement signifié" à "plusieurs reprises".

"GI a ainsi été empêché de poursuivre son action", assure la préfecture, selon laquelle le groupe a "déclaré quitter les lieux en fin de nuit" de samedi à dimanche, et "n'a plus été observé à la frontière haut-alpine depuis lors". "Les services de l'Etat restent extrêmement vigilants", ajoute-t-elle.

Vendredi, le parquet de Gap avait ouvert une enquête sur les agissements de GI, classée sans suite dans la journée faute d'infraction ou de plainte. Cette absence de sanction, alors que trois personnes sont poursuivies par la justice pour avoir franchi la frontière avec des migrants le 22 avril, passe mal parmi ceux qui viennent en aide aux réfugiés depuis des mois. Ils dénoncent "deux poids, deux mesures" dans la réaction des autorités et s'interrogent sur la légalité de l'action des Identitaires, au-delà de l'article 73 du code pénal qu'ils invoquent.

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