Présidentielle 2022 et pouvoir d'achat : à Marseille, une épicerie coopérative se transforme en supermarché

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Le pouvoir d'achat reste au centre des préoccupations des Français et sera abordé en premier lors du débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. À Marseille une épicerie participative se transforme en supermarché.

C'est le premier supermarché coopératif de Marseille, son nom " Super Cafoutch ". Au départ sous forme d'association, l'entité s'est transformée, et elle est maintenant labellisée Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale.

Elle compte aujourd’hui 760 coopérateurs, qui sont à la fois patrons, clients et employés bénévoles. Objectif : 2.000 coopérateurs pour une autonome financière. 

Car pour acheter des produits moins chers qu'ailleurs dans cette épicerie, qui va bientôt déménager dans un nouveau local plus spacieux, il faut devenir associé, en achetant des parts.

"Pour pratiquer des prix attractifs, nous appliquons une marge fixe et très réduite sur les produits commercialisés", explique Hugues Denihan, coopérateur et administrateur depuis quatre ans.

"Notre structure coopérative et participative permet cette faible marge car ce sont les coopérateurs eux-mêmes qui assurent le fonctionnement du supermarché en contribuant chacun trois heures bénévolement toutes les quatre semaines (accueil, caisse, réception des marchandises, nettoyage, livraisons à domicile etc)".

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S'engager et faire attention au porte-monnaie

Bien consommer à prix raisonnables, c'est le slogan de l'épicerie coopérative et participative. Lancée sous le nom "Mini Cafoutch ", l'objectif est depuis le début de se transformer en réel supermarché, et donc en " Super Cafoutch ", avec de multiples rayons.

Pour Yvon Kerdoncuff, lui aussi coopérateur et administrateur, le projet est équitable, "grâce à nos faibles marges nous affichons des prix entre 20 et 40% moins chers que dans les magasins spécialisés Bio".

Et l'objectif est atteint : un supermarché autogéré pour faire le plein de produits de base, avec du bio, du local, de l'équitable, en frais, en vrac, et même avec des produits d'hygiène et d'entretien.

"Nous choisissons les produits et fixons les prix nous-mêmes. Parce que devenir acteurs de notre consommation, c’est accéder à des produits de qualité sans se ruiner", détaille Yvon Kerdoncuff.

Moins cher pour tous

 Mais le projet de base est bien celui du "moins cher pour tout le monde", sans distinction.

"L'idée ce n'est pas d'être une épicerie solidaire, mais de réunir des personnes de différents niveaux sociaux, se retrouver ensemble pour faire des choses, porter des cagettes ou faire la caisse et c'est enrichissant pour tout le monde".

La solidarité se décline concrètement dans la société. Pour être associé, il faut acheter dix parts sociales, soit 100 euros. Si le coopérateur est bénéficiaire de minima sociaux, ou s'il a moins de 26 ans ou est étudiant, la part sociale s'élève à 10 euros seulement.

Toucher les Marseillais dans leur diversité est le but des fondateurs. Et le choix de l'emplacement du nouveau local n'est pas dû au hasard, entre le Vieux-Port, Belsunce, et le quartier de la Belle-de-mai : "on se met dans un quartier mixte", insiste un administrateur.

Dans le département des Bouches-du-Rhône, le taux de pauvreté reste toujours plus élevé que la moyenne en France. Selon l'INSEE, il s'élève à 18,7 % contre 14,6%. 

D'épicerie à supermarché, il n'y a qu'un pas... Mais avec de gros travaux, et des retards. Hugues Denihan espère une ouverture prochaine, peut-être en été.

"Avec la crise sanitaire, la guerre en Ukraine et les difficultés d'approvisionnement notamment en aluminium, -nous n'avons pas de façade du coup-, nous ne savons pas quand nous pourrons ouvrir".

En attendant, l'épicerie coopérative propose une journée portes ouvertes pour découvrir l'esprit Super Cafoutch : apéro et visite du chantier dimanche 24 avril, dès 17h au 16-18 rue du Chevalier Roze 13002 Marseille.