Emeutes après la mort de Nahel : "il fallait nous passer sur le corps pour vider tout notre gagne-pain", les commerçants de Marseille sont sonnés

Plusieurs rues commerçantes de la ville de Marseille ont été prises pour cible la nuit dernière. Vitrines fracassées, départs de feux, boutiques entièrement vidées. Ce samedi, ils s'expriment, entre colère et désarroi.

Ils sont habillés en noir pour la plupart, masqués, en bande. Ils frappent d'épaisses vitrines jusqu'à les faire tomber. Et remplissent leurs sacs de marchandise. Depuis la mort de Nahel, tué à 17 ans par un policier, les rues grondent sous la colère des "jeunes". Les commerçants marseillais racontent leur expérience.

"C'est la première fois de ma vie où je me suis sentie réellement en insécurité. On a défendu notre boutique. Jeudi soir, quand on a vu qu'ils avaient tout pillé, tout cassé, on est venus avec mon frère, on s'est mis devant la vitrine et il fallait nous passer sur le corps pour vider tout notre gagne-pain, notre vie de travail. C'est désolant, j'ai appelé les policiers je ne sais pas combien de fois, ils sont complètement dépassés, débordés," raconte une commerçante du centre-ville.

Dans le quartier du Merlan, 14e arrondissement, la grande surface Carrefour a rouvert en fin de matinée mais pour beaucoup de commerces de la galerie, ce ne sera pas possible avant plusieurs jours.

Dans cette vidéo, nous voyons le rideau de fer d'une bijouterie plier. Tout le monde s'agite dans la galerie du Merlan, les bras plus ou moins chargés. 

durée de la vidéo : 00h00mn45s
Tentative d'ouverture du rideau de fer d'une bijouterie au milieu d'une grande agitation, dans la galerie commerçante du merlan, Marseille 14e. ©vidéo amateur

"J'ai l'impression qu'on a été sacrifiés pour éviter de froisser les sensibilités de certains. Mais je trouve ça désolant pour la ville. L'image de la ville, c'est une catastrophe", se désole un commerçant du centre-ville, "mais si on laisse faire, c'est l'impunité totale pour tous ces jeunes qui pense maintenant qu'ils ont le pouvoir de faire tout ce qu'ils veulent." 

"Pour vider des boutiques telles qu'elles sont, de grosses enseignes, pendant autant de temps, comme ça, sans qu'il se passe rien, c'est quand même très grave. On s'est retrouvés dans le centre-ville cette nuit pendant quelques heures dans un état de non-droit," commente un commerçant du centre-ville.

Le maire demande la création d'un fonds d'urgence à l'Etat 

Face au contexte de dégradations et de pillages qui impacte les commerçants du centre-ville, Benoît Payan, Maire de Marseille, sollicite auprès de la Première Ministre la mise en place d’un fonds d’urgence à destination des entreprises. Il demande également une extension exceptionnelle de la période des soldes.  

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