ENTRETIEN. Violences conjugales : Clara Luciani chanteuse engagée pour la maison des femmes de Marseille

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Écrit par Sidonie Canetto, Loïc Perrier, Alban Poitevin

La chanteuse, Clara Luciani, originaire de Martigues dans les Bouches-du-Rhône, est venue ce lundi à Marseille pour l'inauguration de l'antenne locale de "la maison des femmes", ces refuges pour les femmes victimes de violences conjugales.

C'est à l'hôpital de la Conception, dans le 4e arrondissement de Marseille que Clara Luciani est venue inaugurer comme marraine et ambassadrice des "maisons de femmes", ces lieux d'accueil pour les femmes victimes de violences conjugales.

Ce lieu devait voir le jour depuis plusieurs mois, mais son ouverture a été repoussée à plusieurs reprises, notamment à cause du Covid. C'est désormais chose faite depuis le 3 janvier de cette année.

"Hé toi, Qu'est-ce que tu regardes? T'as jamais vu une femme qui se bat", entretien avec la chanteuse engagée de La Grenade :

  • Cela vous tient à cœur, d'être ici et de voir cette structure?

Il était grand temps que Marseille ait sa maison des femmes, c'est super émouvant même si cela reste un lieu temporaire et c'est très touchant de voir que l'équipe a déjà tout fait pour que le lieu soit le plus chaleureux possible.

  • Pourquoi ce combat vous tient-il à cœur?

C'est un combat qui m'a toujours tenu à cœur, que j'ai mis au centre de mes chansons depuis les toutes premières.

Il me paraissait évident aujourd'hui, maintenant que j'ai la chance d'avoir cette petite médiatisation d'en profiter pour y donner plus de place dans ma vie.

  • La musique pour sortir aussi les femmes victimes de violences de l'enfermement qu'elles peuvent ressentir aussi?

Oui et en dehors de cela, même si c'est égocentrique de dire cela, moi ça donne du sens à ma vie, cela donne du sens à mon métier.

Quand les paroles de "La Grenade", ont par exemple été reprises lors de manifestations contre les féminicides, j'ai eu l'impression que je ne pouvais pas rêver meilleure destinée pour mes chansons. 

  • On n'en fait pas assez, même si le gouvernement, le président disent que ce sont des causes nationales?

On n'en fait jamais assez, et je pense que les chiffres le prouvent puisque l'année dernière encore il y a eu 101 femmes qui sont mortes sous les coups de leur conjoint. Les chiffres parlent donc, il est grand temps d'agir.

  • Pour quelles raisons a-t-on besoin d'espaces comme celui-ci?

Pour pouvoir quitter des espaces de danger, il faut avoir un endroit où aller et c'est pas toujours le cas pour toutes les femmes malheureusement. C'est pour cela que ce genre d'antennes existent, ce ne sont pas des antennes, ce sont des refuges.

  • Comment allez-vous embrasser cette mission d'ambassadrice justement?

Du mieux que je pourrai, c'est tellement important pour moi. On a déjà commencé en décembre doucement. J'ai organisé un petit marché de Noël, j'ai vendu tous mes vêtements pour la cause de la maison des femmes. On a fait comme cela plein de petits stands d'artisans qui ont mis la main à la pâte.

Voilà c'était une première idée. Et je vais encore réfléchir à comment créer des évènements autour de cela, peut-être des évènements de musique. Puisque je trouve qu'on a de la chance de faire un métier, où l'on peut faire passer pas mal de messages par la musique, par les concerts et comme on a la chance de pouvoir refaire des concerts, c'est peut-être le moment d'en faire pour la bonne cause.

  • Est-ce que cela veut dire que vous aurez une présence ici?

Oui le plus possible, moi j'ai envie de soutenir ces femmes que j'admire beaucoup, que je trouve très courageuses et très entreprenantes.

D'avoir vu ce qu'elles ont déjà fait de cet espace qui est un espace temporaire, ça m'a particulièrement touché. Et cela m'a conforté dans mon envie de les aider. Car c'est très beau de voir leur motivation.