Un appel au boycott des premières épreuves de contrôle continu du baccalauréat (E3C) a été lancé par les syndicats qui demandent le report de la réforme. Les perturbations pourraient être "relativement conséquentes" dans l'académie d'Aix-Marseille, selon le SNPDEN. Le rectorat se veut rassurant.

Le nouveau bac commence: de nombreux élèves de Première vont passer à partir de lundi les premières épreuves de contrôle continu comptant pour la note finale, mais elles pourraient être perturbées par des appels au boycott de profs qui en appellent au report ou à l'annulation.

Grèves de surveillance, refus de corriger les copies ou de transmettre les notes: les opposants envisagent des actions pour perturber la tenue des épreuves qui vont s'étaler du 20 janvier au 14 février.

Dans un courrier adressé au ministre de l'Education, le SE-Unsa​​​​​​​ et 11 autres organisations syndicales ont renouvelé leur demande de suppression de la première session des E3C.​

Grève des surveillances et des corrections

Les élèves pourront-ils plancher alors qu'un appel à la grève des surveillances et des corrections a été lancé ? "On entend les inquiétudes et la volonté de blocage dans certains lycées, mais la majorité des enseignants est favorable," assure le service communication du rectorat.

Innovations du nouveau bac, ces épreuves communes de contrôle continu (E3C) s'organisent dans chaque lycée au cours de trois sessions en Première et en Terminale. 

"Le choix se fait dans une banque nationale de 1500 sujets validés par l'inspection générale, souligne le rectorat. 

Il y a trois épreuves, histoire-géo et langues vivantes pour le bac général auquel s'ajoute les mathématiques en voie technologique. 

Les notes obtenues lors des 3 sessions d'E3C comptent pour 30% de la note finale du Bac. 

Cette session de janvier représente environ 2 % de la note globale du bac.

"Il y a un très fort mécontentement chez les enseignants, alerte de son côté Laurent Tramoni, secrétaire du SNSE-FSU 13. 60 % des établissements nous font remonter que les collègues ne souhaitent pas s'engager dans ces E3C." 

Syndicats et le FCPE pour un ajournement des épreuves

Refus de choisir les sujets, de faire les tâches administratives... "Il est possible qu'ils se mettent en grève pour les corrections" ajoute-il.

Les opposants dénoncent une "impréparation" des épeuves. Ils craignent aussi "une désorganisation du calendrier scolaire, des arrangements locaux, et des fuites..."  et plus globalement "un baccalauréat inégalitaire". 

Douze syndicats ont demandé un ajournement des épreuves. "On peut très bien les reporter en fin de cursus, on a tout le temps pour évaluer ces élèves de Première pour le bac de 2021" juge Laurent Tramoni.

"Ces épreuves ont été pensées comme des partiels, estime Laurent Tramoni, et ils vont transformer ces trois vagues en contrôle continu en classe avec un prof qui surveille ses élèves sur l'emploi du temps normal. Les garanties pour un examen national ne sont pas réunies".  Selon une enquête du SNPDEN (premier syndicat de proviseurs) réalisée auprès des trois quarts des lycées de l'académie d'Aix-Marseille, les perturbations pourraient être "relativement conséquentes", estime Philippe Vincent, président du syndicat. 

"Tout est préparé depuis deux ans, répond le rectorat d'Aix-Marseille, en décembre chaque établissement a été doté d'un scanner pour la correction. Les copies anonymisées seront numérisées et envoyées à un correcteur, qui ne peut être le professeur des candidats. Les élèves recevront vers le 15 mars leurs copies corrigées" .

24 000 élèves concernés dans l'académie

Sur l'académie marseillaise, 17000 élèves de Première sont concernés dans la voie générale et 7000 dans la filière technologie. 

Le rectorat insiste sur la "grande souplesse de l'organisation" qui laisse chaque établissement libre d'organiser les épreuves à la date et au créneau horaire souhaités. Une deuxième session d'E3C aura lieu pour ces élèves de Première au 3e trimestre.

Vers des actions plus dures

"Ces épreuves arrivent à un moment où il y a l'opposition à la réforme des retraites, en écho au mal-être de la réforme Blanquer", rappelle encore Laurent Tramoni, c'est le moyen de poursuivre le mouvement et d'étendre les revendications".

Ce jeudi le SNES-FSU a appelé à manifester à Marseille, Avignon, Digne, Arles, Laragne, et Briançon. 

A Marseille, des grèvistes ont bloqué l'entrée du Lycée Saint-Exupéry. "L'Education nationale n'est pas beaucoup visible dans le mouvement alors qu'elle est très largement mobilisée contre les retraites et la réforme du bac" note Hélène Ghresser, la déléguée SUD/CGT.

"On a engagé depuis le début de la semaine des blocages d'établissement, avant-hier c'était au lycée Diderot, aujourd'hui ce sont trois lycées qui sont bloqués par des profs grévistes, ajoute-elle promettant de nouvelles actions plus dures pour mieux se faire entendre. 

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