Grève à "La Provence" : la direction annonce la réintégration d'Aurélien Viers, pas suffisant pour les syndicats

En grève depuis ce vendredi 22 mars, les salariés de La Provence ont appris la réintégration du directeur de la rédaction ce dimanche 24 mars. Un premier pas, pas suffisant pour les journalistes qui maintiennent leur grève. Une assemblée générale est prévue ce lundi 25 mars.

Aurélien Viers avait été mis à pied, ce vendredi 22 mars, pour une Une sur la visite d'Emmanuel Macron à Marseille jugée "ambiguë" par Rodolphe Saadé, propriétaire du groupe La Provence et de la CMA-CGM. Le Syndicat national des journalistes avait dénoncé des "pressions politiques". À la suite de cette sanction, les salariés avaient voté en assemblée générale la grève. Pas de parution du quotidien régional depuis. Ce dimanche 24 mars, on apprenait que la direction avait décidé de réintégrer le directeur des rédactions après "un accord trouvé ", a annoncé la direction. Un premier pas qui ne satisfait pas pleinement les syndicats qui maintiennent la grève ce lundi 25 mars.

" Je suis très heureux de reprendre le travail aujourd'hui, après un week-end qui a été compliqué pour moi, j'ai une super rédaction. J'ai vraiment des journalistes talentueux, c'est un plaisir de travailler au quotidien ici et je suis très heureux de revenir", a indiqué ce lundi 25 mars Aurélien Viers, directeur des rédactions à France 3 Provence-Alpes.

Un accord trouvé

"La direction de "La Provence" est satisfaite d'annoncer un accord avec Aurélien Viers, directeur de la rédaction" dont le "retrait de la mise à pied (...) a été décidé après une réunion de travail avec Gabriel d'Harcourt, directeur général", précise le titre dans un communiqué.

"En interne, la décision est vécue comme une ingérence de l'actionnaire sur fond de pression politique", avaient déclaré les journalistes. 

Malgré la réintégration d'Aurélien Viers, qui est "un premier pas", écrivent les organisations syndicales (SNJ, CFE-CGC, CFDT) de La Provence dans un communiqué dimanche, "de nombreuses questions restent en suspens". Aussi maintiennent-elles la mobilisation prévue lundi à 10H00 devant le siège du journal à Marseille pour "décider de la suite à donner au mouvement". Car les discussions entre la direction et le chef de la rédaction, dont elles disent avoir été "tenues à l'écart", si "elles ont abouti à satisfaire l'une des revendications des grévistes, livrent une conclusion qui reste problématique", selon elles, la direction évoquant un "rappel à l'ordre" d'Aurélien Viers alors qu'"aucune faute journalistique et déontologique (n'a) été commise".

"Il est parti, on est toujours là", le titre de Une en cause

"Il est parti, on est toujours là." C'est ce titre, en Une de La Provence jeudi 21 mars, qui a valu à Aurélien Viers, le directeur des rédactions du journal sa mise à pied. À la suite de la visite d'Emmanuel Macron venu, sans être annoncé, présenter l'opération anti-drogue "place nette" et rencontrer des habitants de la cité de La Castellane. Le journal évoquait une "cité où chacun avait retrouvé ses habitudes".

Ce vendredi, le directeur de publication Gabriel d'Harcourt présentait en Une ses "plus profondes excuses" aux lecteurs, qui auraient pu être "émus" par le journal de la veille. "La citation de Une et la photo d'illustration qui l'accompagnait ont pu laisser croire que nous donnions complaisamment la parole à des trafiquants de drogue décidés à narguer l'autorité publique", écrit-il.

"La Provence a voté à une très large majorité (79%) la motion de défiance proposée par l'intersyndicale SNJ, CFE CGC et CFDT envers la direction générale de La Provence et celle de Whynot Media et le lancement d'un mouvement de grève illimitée à compter de ce vendredi 16h.", annonçaient les syndicats dans un communiqué commun dans la foulée.