"L'heure est grave, on risque de perdre l'Arménie", un collectif de femmes à Marseille se mobilise contre la guerre

L'Arménie subit les attaques de l'Azerbaïdjan au Haut-Karabagh. Des femmes arméniennes se mobilisent à Marseille. Récolte de médicaments, manifestations devant le consulat de Turquie, ces femmes sensibilisent sur la situation en Arménie.

Le collectif de femmes mobilisé pour l'Arménie.
Le collectif de femmes mobilisé pour l'Arménie. © Elodie Salebert Boyadjian
Elodie Salebert-Boyadjian et deux de ses amies, toutes d'origine arménienne, ont lancé un collectif de femmes pour "sensibiliser les mamans et tout le monde en France sur la guerre en Arménie".

Elles se réunissent "très régulièrement", depuis le début du conflit au Haut-Karabagh, à la cathédrale du Prado à Marseille.

"Nous sommes un mouvement pacifiste. Nous voulons réveiller le milieu associatif arménien et surtout parler du génocide qui est en train de se dérouler sur place", explique Elodie Salebert-Boyadjian.

Depuis la création du mouvement, ces femmes trient des médicaments récoltés par les associations arméniennes, reccueillent du matériel médical et de l'argent afin de les envoyer en Arménie.

"Nous n'avons pas le droit d'aller sur le front alors nous avons décidé de réveiller les femmes, encourager nos soldats et faire passer les informations sur la situation sur place", indique Elodie Salebert-Boyadjian.

Des combats depuis le 27 septembre

Les combats ont démarré dans le Haut-Karabagh le 27 septembre dernier. L'Arménie subit les attaques militaires de l'Azerbaïdjan sur son territoire. 

Après treize jours de conflit, les deux pays s'étaient entendus sur un cessez-le-feu le 10 octobre. La médiation était portée par la Russie. 

Mais quelques jours après, la guerre entre les deux Etats a repris.

"L'heure est grave, on risque de perdre l'Arménie", rapporte Elodie Salebert-Boyadjian.

Manifestations devant le consulat de Turquie

Ce collectif, créé spontanément, réunit près d'une cinquantaine de femmes, marseillaises principalement, comme lors de leur mobilisation devant le siège de France 3 Provence-Alpes jeudi 15 octobre. 

"Nous commençons nos actions et c'était important de venir se faire entendre auprès de la presse", précise Elodie Salebert-Boyadjian.

Une semaine avant, mercredi 7 octobre, elles étaient 15, tout de noir vêtues, à manifester devant le consulat de Turquie."Le noir c'est symbolique. Il y a de nombreux morts sur place notamment des jeunes. C'est une hécatombe", raconte l'une des fondatrices du collectif de femmes.

Le lendemain, ces femmes avaient également participé à la grande manifestation des Arméniens à Marseille sur l'avenue du Prado et toujours devant le consulat de Turquie.

Une action par semaine

Ces femmes entendent poursuivre leur action "au moins une fois par semaine".

"Nous continuerons jusqu'à ce que ça cesse. Nous avons une grande force en nous. Nous voulons que les histoires se règlent et que ce type de conflit ne se reproduise plus", souligne Elodie Salebert-Boyadjian.

Ce vendredi 16 octobre, elles seront à nouveau devant le consulat de Turquie à Marseille à partir de 14h.
 
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