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Immeubles effondrés à Marseille : “nous ne faisons pas assez et pas assez vite”, estime Bruno Gilles

Le sénateur Bruno Gilles lors de sa conférence de presse au Sénat aujourd'hui. / © Artkom
Le sénateur Bruno Gilles lors de sa conférence de presse au Sénat aujourd'hui. / © Artkom

"La responsabilité de ce drame est collective" reconnaît Bruno Gilles. Le sénateur UMP des Bouches-du-Rhône a envoyé des courriers hier aux plus grandes instances de l'Etat et a tenu ce matin une conférence de presse au Sénat, sur le drame de la rue d'Aubagne. Il a dévoilé son plan d'action.
 

Par Sidonie Canetto

Hier, quatre courriers ont été adressés par Bruno Gilles, aux plus grandes instances de l'Etat : le président de la République, le Premier ministre, le ministre chargé de la Ville et du Logement et à la ministre de la Cohésion des Territoires et des Relations avec les Collectivités Territoriales.

Aujourd'hui, Bruno Gilles a tenu une conférence de presse au Sénat, sur la situation à Marseille et le drame de la rue d'Aubagne. Son discours commence par un hommage aux victimes et par la reconnaissance des lacunes des collectivités sur le logement  : 
"Ce drame humain pointe une situation terrible dans la deuxième ville de France et met en lumière sur le plan national près d’un demi million d’habitats indignes ou insalubres recensés." a-t-il expliqué avant d'ajouter:

La responsabilité de ce drame est collective


explique Bruno Gilles qui ajoute : "la mairie, ses services et les collectivités locales font beaucoup au quotidien en faveur de la requalification du patrimoine insalubre. Il est clair qu’aujourd’hui, collectivement : nous ne faisons pas assez, pas assez bien, pas assez vite".
 
 

Une prise de conscience 

Le sénateur a fait un constat du contexte marseillais actuel:
"A Marseille, la fracture sociale s’est installée. Il n’est désormais plus question du vieux clivage « quartiers nord / quartiers sud ». Cette vision est aujourd’hui dépassée, nous devons prendre la totale mesure d’une situation qui s’est particulièrement empirée. Aujourd’hui, comme le drame de la rue d’Aubagne en témoigne, les poches de misère ne se limitent plus aux grands ensembles des Quartiers Nord."a-t-il expliqué.
 
 

Aller de l'avant

Le sénateur candidat déclaré à la succession de Jean-Claude Gaudin à la mairie de Marseille énonce le plan d'action qu'il a concocté et qui devrait liu servir de programme électoral lorsque la campagne sera officiellement lancée:

"Aujourd’hui, en ma qualité de sénateur, je travaille avec l’ensemble des équipes. Je désire faire engager les réformes nécessaires aux côtés de l’Etat et de l’ensemble des collectivités."
 
 

Un plan en 7 étapes


"Pour ce plan en 7 points, fruit je vous le rappelle, d’un travail collectif, J’en appelle à l’Etat, pour simplifier, accélérer le cadre administratif. J’en appelle à l’Etat pour s’engager contractuellement. J’en appelle à l’ensemble des institutions pour financer massivement les rénovations, les requalifications du centre ville de Marseille. Mais l’argent ne suffira pas. J’en appelle à l’ensemble des acteurs à changer de méthode, à se mettre autour de la même table, au même moment, avec le même objectif, le même calendrier. J’en appelle à la responsabilité de tous, pour se réinventer. Plus de paroles, des actes.



Pour en juger; voici les sept points du programme du sénateur:

1- J’en appelle à l’Etat pour la création d’une ORCOD (Opération de Requalification des Copropriétés Dégradées), déclarée d’intérêt national, pour accélérer les rénovations des habitats indignes du centre-ville. Je l’ai proposé jeudi dernier, elle a été relayée mardi par ma collègue sénatrice Samia Ghali, une ORCOD est une mesure d’urgence. Elle vise les copropriétés les plus touchées, et dont les syndics ne peuvent plus assurer les rénovations. Une fois que l’ORCOD est créée, l’Etat se substitue au privé, pour financer et coordonner les travaux de rénovations. La mise en œuvre de l’ORCOD est alors confiée à un Etablissement Public Foncier sous l’égide de l’Etat et du Maire, qui chapote et coordonne l’ensemble des actions (plan de sauvegarde, projet urbain, relogement, accompagnement social etc.). Je souhaite porter personnellement ce projet, dont l’urgence est capitale pour la ville de Marseille.

2- La création d’une ZFU (Zone Franche Urbaine) pour les zones les plus sinistrées du centre-ville. Ces quartiers bénéficient jusqu’en 2020, des aides prévues par la mesure Quartiers Prioritaires Villes (QPV). Il est urgent d’aller plus loin et d’accorder plus de moyens, plus d’aides. Le nouveau dispositif ZFU permettra aux entreprises, aux commerçants, aux professions libérales, aux artisans, de s’installer durablement en  centre-ville, de bénéficier d’un double panel d’aides et de subventions, cumulatives. Ces rues, ces quartiers, ont été des années durant l’épicentre de l’activité économique de Marseille, du temps de la domination du port de la ville sur l’activité maritime méditerranéenne et mondiale. Ils ont été touchés de plein fouet par les différentes crises économiques qu’a connues Marseille. Ces quartiers du centre-ville doivent renouer avec la réussite économique. Ils ont été des marqueurs de la richesse de Marseille. Avec ces aides, ils redeviendront de grands pôles d’activité. Il s’agit de générer de l’emploi durable. Et ainsi, nous sommes convaincus que nous accélérerons la rénovation de l’habitat, en stimulant l’attractivité économique de ces quartiers.

3- Bon nombre d’habitations en centre ville de Marseille sont devenues, de facto, du logement pour les plus démunis et les populations en difficulté. Je souhaite engager la création de logements sociaux. Avec l’ensemble des partenaires, nous interviendrons auprès du Préfet des Bouches-du-Rhône pour faire sauter la clause des mesures QPV, qui aujourd’hui interdit la création de logement social dans le secteur Centre.

4. Au niveau local, avec des moyens supplémentaires, je souhaite voir apparaître dans les zones les plus sensibles dont le centreville un « permis à louer » (loi ALUR). Ce permis sera régi par la Mairie de Marseille. L’objectif est de systématiser les contrôles des logements en passe d’être loués, de contrôler que toutes les conditions soient bien réunies pour accueillir de nouveaux habitants. C’est aussi un cadre légal qui engagera les propriétaires privés à prendre leurs responsabilités, sous peine d’encourir des poursuites pénales.

5. Mise en place d’une brigade dédiée à l’habitat indigne, au sein de la Police Municipale de la Ville de Marseille. Son rôle sera de veiller à l’application, sur le terrain, des mesures prises par la nouvelle délégation de l’habitat indigne.

6. Création d’une cellule de veille à l’habitat indigne, sur le modèle de la cellule de veille sanitaire déjà en place à Marseille. Elle centralisera les constatations des personnels de l’action médico-sociale, qui travaillent en lien direct avec les populations et les associations.

7. Dernière mesure, mesure strictement municipale, la création d’une « super » délégation chapotant les compétences de services de la Mairie de Marseille, dont l’unique mission sera l’éradication de l’habitat insalubre. Cette délégation unique coordonnera l’action publique et privée, pour accélérer la mise en place de solutions efficaces et concrètes.

 

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