Justice : 15 ans de réclusion pour l'incendiaire de LyondellBasell

Mathieu Boasso comparait devant les assises des Bouches-du-Rhône. / © Jean-François Giorgetti /FTV
Mathieu Boasso comparait devant les assises des Bouches-du-Rhône. / © Jean-François Giorgetti /FTV

Le Marseillais de 38 ans obsédé par la géopolitique comparaissait depuis le 2 mars, devant les assises des Bouches-du-Rhône, cinq ans après avoir provoqué à l'explosif un incendie sur un site pétrochimique, près de Marseille, le jour de la fête nationale.

Par FTV avec AFP

La cour d'Assises d'Aix-en-Provence vient de condamner Mathieu Boasso à 15 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté aux deux-tiers. 

Le procès avait démarré le 2 mars dernier, par l'examen de la personnalité de Mathieu Boasso. L'accusé reconnaît les faits reprochés, notamment celui de trois vols à main armé.

Cet homme, dont les enquêteurs ont souligné "l'organisation méthodique" ainsi que "l'assurance et le sang-froid hors du commun" encourt 20 ans de prison.

Le 14 juillet 2015, vers 3h du matin, deux explosions avaient entraîné l'incendie de cuves contenant des dizaines de milliers de mètres cubes de produits inflammables, sur ce site du groupe américain LyondellBasell, à Berre l'Etang, près de Marseille.

Un immense panache de fumée noire était alors visibles des kilomètres à la ronde et les pompiers avaient mis de longues heures pour éteindre le feu, qui n'a pas fait de victimes.L'auteur, Mathieu Boasso, 38 ans, n'a pu être arrêté qu'un an après, au terme d'une enquête qui ne lui attribue aucune motivation terroriste, malgré sa revendication "politique".

Mathieu Boasso a reconnu l'attaque du site pétrochimique, ainsi que les dix autres faits qui lui sont reprochés: des braquages pour se procurer explosifs et détonateurs, des attaques de distributeurs de billets et contre une usine de salaison de viande à Tarare (Rhône).

D'obscures motivations géopolitiques

Avec ses attaques, menées de nuit, loin des habitations et qui n'ont fait ni mort ni blessé, Mathieu Boasso affirme avoir voulu influer sur la politique internationale de la France, craignant qu'un alignement avec les Etats-Unis ne provoque une nouvelle guerre mondiale, dans un contexte de tensions avec la Russie.

Une thèse que cet admirateur de la politique étrangère de l'ancien président Jacques Chirac a longuement décliné devant les enquêteurs, mais qui ne devrait pas empêcher le tribunal d'explorer d'autres aspects d'une personnalité que l'un de ses avocats, Jean-Baptiste de Gubernatis, décrit comme "riche et complexe".

Aucune altération du discernement

Des expertises psychiatriques ont exclu toute "altération" ou "abolition" de son discernement, ce qui permet de le juger pénalement, malgré un "narcissisme immature".

Formé au journalisme avec le rêve de "peser positivement sur la société", l'homme avait travaillé brièvement à la radio puis s'était reconverti dans l'imprimerie.

Il n'a découvert l'identité de son père qu'à 18 ans. Il s'est alors intéressé à l'islam, dont il assure qu'il n'a aucun lien avec ses actes. Son divorce, mal supporté, semble avoir joué dans sa dérive.

Aujourd'hui, Mathieu Boasso "a envie d'en terminer, d'être jugé. Il veut avoir des mots à l'égard des victimes", assure Me Gubernatis.

Au-delà, la question de la sécurité du site pétrochimique, situé dans l'une des zones industrielles les plus grandes et sensibles de France, le pourtour de l'Etang de Berre, ne manquera pas d'être soulevée, au vu de la facilité avec laquelle Mathieu Boasso y a pénétré.
 

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