Marseille : le journal La Provence est à vendre

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Écrit par Mariella Coste
La façade de La Provence avec un bandeau noir en signe de deuil après le décès de Bernard Tapie.
La façade de La Provence avec un bandeau noir en signe de deuil après le décès de Bernard Tapie. © Enzo Giuliano FTV

Suite au décès de son patron Bernard Tapie, le célèbre quotidien doit trouver un repreneur. Pour racheter les 89% de ses parts, les candidats au rachat ont jusqu'au 30 novembre pour se faire connaître.

Bernard Tapie majoritaire

Le Groupe Bernard Tapie détenait 89% des parts dans le quotidien régional La Provence. Suite à son décès, le liquidateur judiciaire vient d'annoncer que les candidats au rachat auront jusqu'au 30 novembre pour déposer leurs offres.

Deux candidats à la reprise

Ceux qui se sont manifestés déjà sont des poids lourds : sur les rangs Xavier Niel, fondateur de Free, et CMA CGM, le géant marseillais 3e armateur mondial.

Le repreneur naturel : la holding NJJ de Xavier Niel, qui détient déjà 11% de La Provence. Elle avait déjà racheté le groupe Nice-Matin en 2019.

NJJ est convaincu que La Provence -une marque puissante inscrite dans notre patrimoine régional et national- a un potentiel de développement important sur nos territoires.

selon le représentant de NJJ cité par l'AFP.
 
La surprise vient du groupe CMA CGM. Présidé par Rodolphe Saadé, il va participer au processus d'appel d'offres :

Le projet porté par CMA CGM a pour ambition de garantir, sur le long terme, l'ancrage territorial et l'indépendance du journal et de sa rédaction, et d'accompagner son développement au service du rayonnement du territoire provençal.

Le liquidateur judiciaire a précisé mardi n'avoir "reçu aucune offre ferme d'acquisition à ce stade".

L'enjeu : les rotatives

En région, il ne reste que 2 journaux de la PQR qui ont leurs propres rotatives : La Provence... et Nice Matin de Xavier Niel...
Le repreneur aurait-il l'envie de "mutualiser" les moyens et de ne laisser qu'un centre de production ? C'est l'inquiétude chez certains d'après nos informations. Quid des équipes sur place à Marseille, et de la rédaction ? 
CMA-CGM pourrait-il en revanche défendre le site de Marseille et garder les rotatives rue de Lyon, le siège historique ?

Pour l'instant, côté syndicat des journalistes, le SNJ déclare dans un communiqué daté du 21 octobre, suite au CSE extraordinaire :

Depuis le 30 avril 2020 et la décision du tribunal de commerce de Bobigny de mettre en liquidation judiciaire le Groupe Bernard Tapie (GBT), il était inéluctable que La Provence change d'actionnaire majoritaire, contrairement à ce que nous a régulièrement assuré la direction (...) A ce jour, deux marques d'intérêt ont déjà été exprimées. La première est celle de NJJ, qui l'inscrit en cohérence avec le projet mené dans d'autres titres de presse régionale et nationale. Nous avons d'ailleurs reçu aujourd'hui un mail en ce sens, que nous vous communiquons ci-dessous sans prendre pour l'heure position quant à son contenu ni sur l'action menée jusqu'à présent par NJJ dans notre société. La seconde marque d'intérêt émane de l'armateur marseillais CMA-CGM, qui avait déjà tenté de prendre pied à La Provence en 2019 et qui a indiqué qu'il conserverait la direction actuelle.

Il faut savoir que déjà présent dans La Provence, NJJ a clairement une longueur d'avance, d'autant qu'un pacte d'actionnaires passé avec GBT lui accorde une préférence. Me Avazéri l'a clairement spécifié. Dans les faits, cela signifie qu'il faudrait une offre nettement supérieure à la sienne pour qu'il ne l'emporte pas. Le jeu n'est toutefois pas fermé, comme en témoigne la présence de la CMA-CGM. Cette concurrence ne peut qu'être bénéfique pour nous si nous obtenons qu'ils améliorent leurs offres dans l'intérêt de la société et des salariés.

Quoi qu'il en soit, après de longues années d'incertitude, la situation devrait se décanter d'ici la fin 2021.

9 éditions locales

La Provence avec ses 178 journalistes et 17 photographes de presse est diffusée dans la deuxième ville de France, Marseille, dans le reste du département des Bouches-du-Rhône, ainsi que dans le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence.

Ses rotatives représentent une force de frappe pour aller vite, décaler et adapter l'impression selon l'actualité. Mais les deux machines sont sous-exploitées. La diffusion payée est en moyenne de 75.000 exemplaires quotidiens, selon l'Alliance pour les chiffres de la presse et des médias. Bien en dessous des capacités réélles des machines (90 000 exemplaires à l'heure !). La Provence joue de rôle d'imprimeur la journée pour d'autres supports.


 

 

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