Législative 2022. La députée Gisèle Lelouis, militante RN de l'ombre en pleine lumière à Marseille

Militante de l'ombre du Rassemblement national (RN), Gisèle Lelouis, 70 ans, est passée dans la lumière avec sa victoire dans la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône, dans ces quartiers populaires de Marseille où elle vit depuis près de 30 ans.

Née le 10 mars 1952 à Paris, avant de vivre quatre ans à Romainville puis jusqu'à 21 ans à Sarcelles en Seine-Saint-Denis, la jeune femme partira ensuite pour la Charente-Maritime, avant d'arriver à Marseille en 1995, après son divorce.

Ingénieure en électronique, après un lycée professionnel, elle a notamment travaillé pour l'armée, au sein de l'entreprise Bréguet-Sabin. "J'ai bossé sur le Concorde et l'Alouette 3", expliquait fièrement la nouvelle députée à l'AFP, à la veille de sa victoire au second tour face au candidat Insoumis de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes).

De l'ombre à la lumière 

Puis, à Marseille, elle sera vendeuse dans une boulangerie, ou en cuisine dans un snack.  "Avec quatre enfants, j'ai connu les fins de mois difficiles", explique-t-elle, en affichant une maigre retraite de 850 euros: "J'ai fait les vendanges, les huîtres, les pommes, le ménage, "tata" dans les écoles, le travail dur je connais".

Restée fidèle au RN, après le départ chez Reconquête! du sénateur Stéphane Ravier, l'ex-leader du parti dans le département, dont elle refuse désormais de citer le nom, la septuagénaire a mené une campagne discrète.

Elue au conseil municipal des 13e et 14e arrondissements de Marseille, parmi les plus pauvres de la ville, en 2014, après la victoire dans ce secteur de Stéphane Ravier, elle y a été reconduite en 2020, ainsi qu'au conseil de métropole, malgré la défaite de son mentor au second tour des municipales. Et c'est en militante de base que cette grand-mère de 12 petits-enfants aurait dû vivre cette campagne des législatives.

Mais le départ avec fracas de Stéphane Ravier a bouleversé le programme, et c'est donc elle qui a remplacé au pied levé la candidate initialement prévue par le RN dans cette circonscription, Sandrine D'Angio, la nièce de M. Ravier, sèchement éliminée dès le premier tour malgré le soutien de Reconquête!.

Elle a raflé la circonscription avec 54,96% des voix, contre un candidat de l'alliance de gauche
Nupes.