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Mal logement : le Collectif du 5 novembre dénonce une opération de police “anti-squatteurs” à Marseille

23 personnes évacuées d'un immeuble de la rue Curiol à Marseille / © Google Map
23 personnes évacuées d'un immeuble de la rue Curiol à Marseille / © Google Map

Selon le Collectif du 5 novembre, 23 personnes ont été évacuées d'un immeuble appartenant à Marseille Habitat, lors d'une opération de police lundi. Le collectif dénonce une opération menée sans autorisation, où les sanitaires auraient été volontairement cassés pour éviter tout retour. 

Par Ludovic Moreau, GB

Dans quelles circonstances un immeuble situé au numéro 36, de la rue Curiol, dans le 1er arrondissement de Marseille a-t-il été évacué le lundi 9 septembre ?

Le Collectif du 5 novembre dénonce les conditions d'une opération de police, conduisant à l'évacuation d'un ancien hôtel - marchand de sommeil, devenu propriété du bailleur social Marseille Habitat depuis quatre mois.

Eviers et bacs à douche volontairement cassés

"Depuis que je suis dans le collectif, je n'avais jamais vu ça, tout est cassé, raconte un militant, il y a de l'eau partout, c'est incompréhensible. (...) Les occupants ont été mis à la rue et ensuite les policiers sont partis".

Selon le collectif, cette "évacuation sauvage" aurait été menée sans que la préfecture ou la mairie aient été alertées.

La police serait intervenue sans document administratif ou juridique. Au passage, tous les sanitaires, éviers, bacs à douche et toilettes de sept appartements auraient été cassés par les forces de l'ordre et l'eau coupée, pour éviter le retour des délogés. L'opération a débuté lundi vers 16h. Elle était menée par des policiers en civil. Ils ont procédé à l'évacuation d'une vingtaine de personnes, sept familles au total, dont 11 enfants et une femme enceinte, rapporte le collectif, vidéos à l'appui.

Selon nos informations, de source policière, il s'agirait d'une intervention de la police municipale. Un équipage, en uniforme, de la police nationale serait ensuite bien arrivé sur les lieux, pour faciliter l'évacuation d'un occupant qui refusait de quitter son logement.

Une opération "anti-squatteurs"

Lundi soir, une réunion avait lieu entre le collectif du 5 novembre et Arlette Fructus, adjointe au maire de Marseille, en charge du logement et présidente du conseil d'administration de Marseille Habitat.

"Lorsque nous lui avons parlé de cette évacuation, elle a d'abord indiqué qu'elle n'était pas au courant, puis elle a précisé qu'il s'agissait d'une opération anti-squatteurs, les occupants étant présents dans l'immeuble depuis moins de 48h", raconte un militant du collectif.

Là encore, la version de l'adjointe au logement est contestée par les membres du collectif, qui assure que ces familles occupaient les lieux depuis plusieurs mois.

Selon eux, lundi vers 14h, un représentant de Marseille Habitat est venu signifier à certains occupants de l'immeuble de quitter les lieux. Des habitants affirment que "ce même représentant [était] venu les rencontrer, il y a un mois, ce qui prouverait que ces occupants étaient présents depuis plus de 48h".

Le collectif assure que les occupants avaient des quittances de loyer et des factures EDF, prouvant une occupation de longue date de l'immeuble, contrairement à ce qu'aurait affirmé Marseille Habitat.

Le squat d'un appartement dénoncé

"Certains occupants étaient dans l'immeuble depuis un an au moins, ils avaient les clés du logement et connaissent le nom de leur référent auprès de Marseille Habitat", explique un militant du Collectif du 5 novembre. La plupart des délogés étaient des demandeurs d'asile.

L'opération aurait été décidée à la demande de Marseille Habitat, suite au signalement d'un habitant.

Alors qu'il cherchait à récupérer des affaires, après lui-même avoir dû évacuer son logement quelques jours plus tôt pour insalubrité, il l'avait trouvé squatté.

Contactée, Marseille Habitat n'avait pas encore répondu à nos sollicitations mardi en fin d'après-midi. Au siège de la société, les représentants sur place n'ont pas souhaité faire de commentaires.

Evacuation avec arrêté de péril en urgence

Le collectif et la mairie ont cherché des solutions d'hébergement. La mairie de Marseille a pris en charge leur hébergement en hôtel, dès hier soir.

Au final, un ingénieur de la ville est passé vers 23h, rapporte le collectif, et a décidé une évacuation avec arrêté de péril en urgence de l'immeuble. Et "les trois occupants épargnés par les policiers, dont le logement n'a pas été détruit, ont été également évacués".

Mardi soir, une cinquantaine de sympathisants et membres du collectif ont occupé le siège de Marseille Habitat, dans le 1er arrondissement.

Les familles relogées par Marseille Habitat

Le Collectif du 5 novembre demandait au bailleur social des propositions de relogement. Mercredi, à l'issue d'un nouveau rassemblement, Marseille Habitat a annoncé le relogement de sept familles.

"Trois hommes seuls ont été maintenus à l'hôtel et une solution adaptée va être retrouvée dès ces prochains jours", a précisé le collectif.

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