Marseille : un ancien porte-parole du groupe islamiste Jaysh al Islam mis en examen pour crimes de guerre 

Interpellé à Marseille le 29 janvier, Islam Alloush, ancien porte-parole du groupe ismaliste Jaysh Al Islam, a été mis en examen par le pôle crimes contre l’humanité du TGI de Paris pour crimes de guerre, tortures et disparitions forcées, et complicité de ces crimes.

Août 2015, des troupes de Jaysh al-Islam (Army of Islam) au nord d'Alep, en Syrie.
Août 2015, des troupes de Jaysh al-Islam (Army of Islam) au nord d'Alep, en Syrie. © ZEIN AL-RIFAI / ALEPPO MEDIA CENTRE / AFP
Islam Alloush faisait l'objet d'une traque dans le cadre de l'ouverture d'une enquête sur des crimes internationaux commis en Syrie depuis 2011.

L'homme, un Syrien âgé de 32 ans, se trouvait sur le territoire français au titre d'un visa Erasmus, selon une information de franceinfo. Il a été interpellé à Marseille par l'Office de lutte contre les crimes contre l'humanité, la Section de Recherches de Marseille et le GIGN, selon une source judiciaire.

Il est notamment soupçonné de tortures. Les faits qui lui sont reprochés ont été commis entre 2013 et 2016. Islam Alloush a été placé en détention provisoire sur décision d'un juge des libertés et de la détention, conformément aux réquisitions du parquet national antiterroriste (Pnat).

Mis en cause pour enlèvements et torture

Islam Alloush, de son véritable nom Majdi Mustafa Nameh, a occupé la fonction de porte-parole et figure parmi les hauts responsables de Jaysh Al Islam. Le groupe compta jusqu’à plus de 20.000 combattants et fit régner la terreur dans les zones rebelles qu’elle contrôlait, principalement dans la Ghouta orientale, dont elle perdit le contrôle en avril 2018.

Selon la Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH), le Centre Syrien pour les médias et la liberté d’expression (SCM) et la Ligue des droits de l’Homme (LDH), Islam Alloush aurait été à la tête d’une brigade qui fut régulièrement accusée d’enrôler des enfants. Plusieurs victimes le mettent également directement en cause pour des faits d’enlèvements et de torture. Le groupe est soupçonné d’avoir enlevé en décembre 2013, détenu, et torturé l’avocate des droits humains Razan Zaitouneh, Wael Hamada, et leurs collègues Samira Al-Khalil, activiste politique, Nazem Al Hammadi, avocat des droits humains.

Les trois organisations, qui représentent une vingtaine d'autres victimes et leurs familles, sont à l'origine d'une plainte déposée en juin 2019, qui a permis l'ouverture de l'enquête.

"L’inculpation d’un ancien haut responsable de Jaysh Al Islam, après l’ouverture d’informations judiciaires ou de procès visant des membres du régime de Bashar Al Assad et de l’État Islamique, ouvre une nouvelle page dans le jugement des crimes internationaux commis en Syrie depuis 2011", a estimé Michel Tubiana, avocat et Président d’honneur de la LDH.

En février 2019, un Syrien soupçonné d'avoir participé aux exactions commises contre les populations civiles par le régime syrien entre 2011 et 2013, alors qu'il était membre des services de renseignement locaux, a été mis en examen à Paris et écroué.
   
En novembre 2018, la justice française a lancé des mandats d'arrêt internationaux contre trois hauts responsables du régime syrien, soupçonnés d'être impliqués dans des exactions contre deux citoyens franco-syriens.
 
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