Marseille : des bande-annonces de films d'horreur diffusées dans un centre aéré

Etrange Noël pour un groupe d'enfants du centre aéré du Plan d'aou. Leurs animateurs leur ont projeté des bandes-annonces de film d'épouvante le 24 décembre. Quelques uns terrifiés en ont parlé à leurs parents. Trois mamans ont porté plainte. Les animateurs ont été mis à pied. 

Que s'est-il passé le 24 décembre au centre de loisirs du Plan d'aou ? Des enfants âgés d'à peine quatre ans, ont fait un récit appeuré de ce qu'ils ont vu dans l'après-midi. Il s'agirait d'un film d'horreur diffusé par leurs propres animateurs. Les parents scandalisés ont porté plainte, et font scandale.

"Ma fille a quatre ans. A cet âge là, il n'est pas possible de mentir comme cela dans une telle situation", raconte Nawelle Benamar, l'une des trois mamans qui ont porté plainte. 

"Mardi soir, avant d'aller se brosser les dents et partir se coucher, ma fille refuse d'entrer dans la salle de bains. Elle crie qu'elle a peur. Et finit par me raconter que dans l'après-midi, elle a regardé les images de films d'horreur et qu'elle a vu le film du clown tueur".

La maman ne met pas en doute les propos de sa fille, terrorisée.

"Attendre que le jour férié de Noël passe a été un véritable calvaire", poursuit la mère de famille.
Le jeudi, elle se rend très tôt au centre aéré sans son enfant, avec la ferme intention d'obtenir des explications. Et demande à rencontrer l'équipe présente mardi dans le groupe de sa fille.

"J'ai pu parler avec les quatre animateurs responsables du visionnage de ces images d'horreur . Ils m'ont confirmé que les enfants avaient regardé la bande annonce de Conjuring, et le film du Clown tueur". 

La mère de famille est ndignée, et reste étonnée de la présence encore sur place de ces animateurs. Comme elle, Jeanne, une autre maman d'une petite fille de quatre ans, regrette vivement l'attitude du directeur "qui ne nous a pas avertis de ce grave incident du mardi. Ma petite fille m'a raconté avoir vu un monsieur coupé en deux".
Toutes deux ont porté plainte, avec une autre mère de famille. 
 

Mis à pied et signalés auprès du ministère

Le centre aéré du plan d'aou est abrité par la Maison pour tous et centre social du grand Saint-Antoine. 

La directrice, Amandine Chevalier, confirme qu'un groupe d'une douzaine d'enfants "a effectivement vu des images d'horreur mardi après-midi, en regardant la bande annonce d'un film d'épouvante et non un film."
Avant que le directeur du centre de loisirs, responsable des animations, ne découvre ce qu'il se passe. Et fasse cesser l'épouvante. 

Quant aux animateurs, "ils ont été mis à pied dès le jeudi, convoqués par la direction générale de l'IFAC qui gère la structure du Grand Saint-Antoine".
Non seulement leurs contrats ne seront pas renouvelés, mais "nous avons effectué un signalement à leur sujet auprès du ministère des sports, l'organisme de tutelle, pour qu'ils ne puissent pas repostuler", précise Amandine Chevalier.

La direction du centre social a mis en place ce vendredi une cellule psychologique à l'attention des enfants. 
"Je préfère aller voir un pédo-psy que je connais, raconte Nawelle Benamar. Ils ont dit qu'ils me rembourseraient".

Certains enfants n'ont pas encore témoigné des scènes d'horreur qu'ils ont vues sur l'ordinateur d'un de leurs animateurs. Les psychologues resteront présents aussi ce week-end et au delà, pour les assister.



 
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