Rapport sur une "ville à la dérive" : la CRC répond aux accusations de Jean-Claude Gaudin

Des rapports "stigmatisant, injustes et infondés"... après avoir essuyé les critiques du maire de Marseille, les juges de la chambre régionale des comptes ont indiqué mercredi n'avoir fait que leur travail "même si les personnes contrôlées ne sont pas satisfaites".

Lors d'une conférence de presse, la Chambre régionale des comptes a voulu répondre aux accusations de Jean-Claude Gaudin, au sujet des rapports sur la gestion de la ville entre 2012 et 2017.
Lors d'une conférence de presse, la Chambre régionale des comptes a voulu répondre aux accusations de Jean-Claude Gaudin, au sujet des rapports sur la gestion de la ville entre 2012 et 2017. © FTV
C'est un "chjami e rispondi" en bonne et due forme auquel s'est livré Nacer Meddah, président de la chambre régionale des comptes (CRC), lors d'une conférence de presse mercredi.

"Vous n'êtes pas dans une réunion complotiste, ici, le seul drapeau que vous verrez est le drapeau tricolore", a attaqué en préambule, le président de la CRC, pour répondre aux accusations du maire (LR) de Marseille.

Lundi dernier, lors de la dernière séance du conseil municipal de l'année, la publication de deux rapports de la chambre des comptes sur la gestion de la ville avait provoqué de violentes joutes verbales entre les élus.

Pour sa défense, Jean-Claude Gaudin avait choisi l'attaque, mais une attaque contre les juges de la Chambre, indiquant que le travail n'avait pas été fait correctement, que ces rapports étaient "stigmatisants, injustes et infondés".

"Ces rapports de la CRC sont un mauvais travail qui n'est pas à la hauteur de la Chambre. Un mauvais travail où le faux disqualifie le vrai, bâclé à cause du parti pris à tout prix. N'est-ce pas la définition même de la partialité ?", avait notamment tonné le maire de Marseille.

La CRC remet les pendules à l'heure

Nacer Meddah a rappelé que la publication de ces deux rapports est "le fruit de deux ans et demi de travail, que les juges qui ont collaboré à ces rapports ont prêté serment, que les décisions sont collégiales".

Le président de la CRC a voulu répondre point par point aux attaques de la majorité municipale et notamment sur le travail "bâclé". 

"Je ne prendrai qu'un seul exemple, les écoles. Nous avons pris le temps d'examiner chacune d'entre elles, nous sommes allés sur place, nous avons pris des photos", a-t-il détaillé et d'ajouter que sur le volet patrimonial, "le travail a été tout aussi détaillé et précis". "Avant la publication de ces rapports, nous remettons des extraits aux ordonnateurs, pour leur permettre d'apporter des réponses", a indiqué Nacer Meddah, "et nous analysons de façon collégiale ces réponses".

"Nous ne sommes pas là pour juger, nous analysons les faits et apportons des recommandations avec des arguments solides", a poursuivi le président.

En conclusion, Nacer Meddah a voulu remettre les pendules à l'heure et réaffirmer le rôle de la chambre régionale des comptes, "même si les personnes contrôlées ne sont pas satisfaites", rappelant que "pour la majorité, les recommandations ne sont pas nouvelles".  Dans les deux rapports de la CRC, portant sur la gestion de la ville, entre 2012 et 2017, les juges évoquent une ville "surendettée et dépourvue de stratégie claire", une ville qui "emprunte pour financer le remboursement de sa dette et faciliter le fonctionnement de ses services", une ville qui "n'évalue pas ses politiques publiques", etc.

Les juges reprochent à la municipalité d'avoir ignoré, en partie, les recommandations des précédents rapports et se montre même coupable de "violation caractérisée de la loi" dans certains domaines. En ligne de mire, le maintien en poste de proches du maire, atteints par la limite d'âge et rémunérés hors grille.
 
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