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Marseille : “explosion” des placements en rétention depuis l'attaque de la gare Saint-Charles

Le nombre d'étrangers placés en rétention a presque doublé en 2017 selon la Cimade / © VALLAURI Nicolas
Le nombre d'étrangers placés en rétention a presque doublé en 2017 selon la Cimade / © VALLAURI Nicolas

Le nombre d'étrangers placés en rétention a presque doublé en 2017. La Cimade dénonce une "explosion de l'enfermement", notamment depuis l'attaque de la gare Saint-Charles à Marseille, début octobre

Par Ludovic Moreau

Selon les chiffres de la Cimade communiqués à l'AFP, le nombre d'étrangers enfermés dans les centres de rétention administrative a considérablement augmenté entre 2016 et 2017 par rapport à la même période (entre début octobre et fin décembre), 1.123 en 2016, 1.944 en 2017. David Rohi, responsable des questions de rétention à la Cimade dénonce "une explosion de l'enfermement" et ajoute

l'attaque du 1er octobre à Marseille a constitué un accélérateur sur la politique d'enfermement et d'expulsion

Souvenez-vous, le 1er octobre dernier, deux femmes avaient été tuées à coup de couteau sur le parvis de la gare Saint-Charles par un Tunisien en situation irrégulière. Il venait d'être remis en liberté à la suite de dysfonctionnements administratifs et en raison d'un manque de place au centre de rétention de Lyon. A cette époque, le préfet du Rhône avait été limogé et le ministère de l'Intérieur avait ordonné une plus grande fermeté sur les reconduites.
David Rohi constate également un nombre "inédit" de personnes libérées par les juges. Plus de la moitié (52%) des étrangers enfermés sont libérés par décision de justice, contre un tiers d'entre eux en 2016.

Les juges sanctionnent à la fois les enfermements à tort et les violations de droits lors des interpellations

affirme David Rohi et il ajoute "tout cela pour une politique d'expulsion qui diminue, un résultat pour le ministère de l'Intérieur qui est nul et n'atteint pas ses objectifs" (25% de personnes expulsées contre 43% en 2016).
Sur le terrain, la Cimade constate que dans les centres de rétention, cette politique se traduit par des tensions très fortes : bagarres, tentatives de suicide, automutilations...
Fin décembre à Marseille, un migrant albanais a succombé à ses blessures après avoir tenté de se suicider dans sa chambre du centre de rétention administrative du Canet.

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