Marseille :"il y a urgence, la mairie doit passer à la vitesse supérieure" déclare le collectif "trop jeune pour mourir"

En 2016 le collectif "trop jeune pour mourir" lançait une campagne d'affichage contre les règlements de comptes. En 2018 il réclamait "un plan de sauvetage pour les quartiers nord". En février 2020 il interpellait les candidats à la mairie. Aujourd'hui "la mairie doit agir" déclare le collectif

"Maintenant la mairie de Marseille doit agir, il y a urgence" déclare le collectif "trop jeune pour mourir"
"Maintenant la mairie de Marseille doit agir, il y a urgence" déclare le collectif "trop jeune pour mourir" © Maxppp
Nous sommes dans les derniers mois de l'année 2016, depuis janvier en région marseillaise, 26 personnes ont été tuées dans le cadre de règlements de comptes. Des habitants des quartiers nord de Marseille, indignés par cette situation, lance le collectif "trop jeune pour mourir". Le collectif organise une campagne d'affichage pour susciter une prise de conscience et appele les dealers à "déposer les armes"
 
Campagne d'affichage en 2016 du collectif "trop jeune pour mourir"
Campagne d'affichage en 2016 du collectif "trop jeune pour mourir"


Hassen Hammou membre du collectif explique la démarche en ces termes :
 

"Nous voulons nous adresser aux jeunes des quartiers, nous voulons leur montrer que ceux qui font la vie de leur quartier, les travailleurs sociaux, se soucient et se préoccupent de leur situation"


En 2018 le collectif refait parler de lui, il lance un nouveau cri d'alarme via un communiqué 
 

" Ne laissons pas les quartiers nord de Marseille être isolés plus longtemps...l'urgence aujourd'hui est de remettre de la République mais avec de vrais moyens humains et matériels pour soutenir les jeunes"

Règlements de comptes cité Félix Pyat en septembre 2018,  une scène que le collectif " trop jeune pour mourir"ne souhaite plus voir à Marseille
Règlements de comptes cité Félix Pyat en septembre 2018, une scène que le collectif " trop jeune pour mourir"ne souhaite plus voir à Marseille © France Télévisions


En février 2020, au lendemain de la mort d'un homme dans les quartiers nord et à quelques semaines des élections municipales, le collectif interpelle les candidats et leur adresse dix propositions. Signé par une soixante d'acteurs sociaux de ces quartiers, éducateurs, infirmiers, militants associatifs...le texte propose une dizaine d'axes d'actions :
Pérenniser les financements de la ville pour l'ensemble des acteurs qui oeuvrent dans les zones prioritaires, rouvrir des antennes de services publics, construction de logements sociaux, lutter contre l'habitat insalubre, nomination d'un adjoint aux quartiers populaires pour coordonner l'action municipale, plus de transports en commun, une meilleur répartition des forces de police municipale dans la ville, plus de moyens pour la jeunesse et favoriser l'émergence de talents.

L'équipe de Michelle Rubirola, élue maire de Marseille en juin dernier, va, pendant la campagne électorale, répondre point par point à ce questionnaire. Voici quelques extraits de réponses :

 "... il faut d'urgence un retour des moyens en direction des familles via nos centre sociaux..." "...j'engagerai un dialogue avec l'Etat, les grandes entreprise nationales et les collectivités pour remettre des services publics là où ils ont disparu..."  nous souhaitons : "...rééquilibrer l'offre de logements sociaux dans tous les secteurs pour davantage de mixité sociale..." "...lutter contre les passoires thermiques...développer des opérations de résorption de l'habitat insalubre..." "...remettre une police nationale de proximité...augmenter les effectifs de la police municipale ..."

Bref comme le souligne Hassen Hammou :

" On nous a répondu de manière très attentive et très scolaire mais le caractère urgent de la situation doit être pris en considération, nous disons à Madame Rubirola, vous êtes maintenant en situation de faire, faites donc "


Le porte parole du collectif " trop jeune pour mourir" reconnaît que "la discussion avec la ville est ouverte ce qui n'était pas le cas avec l'ancienne municipalité dirigée par le Maire LR Jean-Claude Gaudin", même s' il regrette que la proposition de nommer un adjoint aux quartiers populaires n'est pas été retenue. 

Il estime également que la mairie "doit associer les acteurs sociaux de ces quartiers à sa politique de la ville, il rajoute enfin "on a besoin d'un maire qui dise ça suffit "




 
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