Marseille: l'IGPN blanchit le policier qui avait tiré sur un jeune conducteur lors d'un contrôle

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Écrit par Annie Vergnenègre (avec AFP)

Le policier a fait un usage réglementaire de son arme. C'est la conclusion de l'enquête de l'IGPN ouverte après la mort de Souheil El Khalfaoui, 19 ans, le 4 août 2021 lors d'un contrôle routier à Marseille. La famille réfute la version policière des faits.

Deux enquêtes ont été ouvertes après la mort de Souleih El Khalfaoui.

La première "pour homicide", confiée à l'IGPN, portait sur le tir mortel du policier. Selon la police des polices, le policier a fait un "usage réglementaire" de son arme. La procureure de Marseille Dominique Laurens a indiqué que l'enquête a été classée sans suite en décembre.

La deuxième enquête a été ouverte "pour tentative d'homicide" sur le policier, et confiée à la police judiciaire. Elle porte "sur les conditions dans lesquelles le jeune homme décédé" a utilisé son véhicule "à l'encontre des policiers procédant au contrôle". Les investigations sont toujours en cours.

Selon la police, le jeune homme était au volant de son véhicule en stationnement quand des policiers se sont approchés pour le contrôler. Il a alors fait marche arrière percutant un des agents.

"Des vidéos n'ont pas été ou mal utilisées"

La famille de Souheil conteste cette version. Après le classement de l'enquête de l'IGPN, deux avocats parisiens, Arié Alimi et Raphaël Kempf, ont été désignés par la famille El Khalfaoui pour reprendre le dossier.

"Notre première démarche va être de consulter le dossier et notamment ce que personne n'a vu encore, les vidéos, indique Me Alimi, certaines vidéos ( NDLR de surveillance) n'ont pas été exploitées ou mal exploitées". 

"Il y a des investigations qui ont été faites dans le deuxième dossier, mais qui ne l'ont pas été dans le classement sans suite", ajoute-t-il.

Selon l'avocat, l'enquête de l'IGNP "n'est pas complète et le classement sans suite est prématuré". 

Me Alimi se rendra à Marseille la semaine prochaine pour consulter le dossier. À la suite de ça, une plainte pourrait être déposée avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d'instruction pour que l'enquête sur les conditions du tir du policier soit rouverte.