Marseille: les marins-pompiers pointent une forte reprise des contaminations de Covid-19 dans les eaux usées

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Écrit par Annie Vergnenègre et Emlie Mechenin

A Marseille, la concentration de traces de Covid-19 dans les eaux usées a doublé en une semaine indiquent les marins-pompiers alors que les autorités redoutent l’arrivée d’une cinquième vague en France. Plusieurs quartiers affichent à nouveau un taux très élevé après une accalmie ces dernières semaines.

La menace d’une cinquième vague plane sur la France et sur Marseille. Après plusieurs semaines de circulation faible à modérée, les marins-pompiers notent les signes d'une reprise épidémique.

Depuis vendredi, les prélèvements effectués dans les eaux usées montrent une concentration très élevée dans certains quartiers au nord et au centre de la cité phocéenne. 

"On a l'apparition de quatre zones à très fort portage", indique Alexandre Lacoste , directeur du projet COMETE (COvid-19 Marseille Environnemental TEsts).

Sur l'ensemble de la ville, la concentration de traces de virus a doublé en une semaine. 

On peut en déduire qu'avec le refroid qu'il y a eu, avec le retour des vacances, on a potentiellement un départ d'épidémie.

  Alexandre Lacoste, directeur du projet COMETE

"On va observer ça de près, précise-t-il, et on va déjà augmenter notre surveillance sur les établissements sensibles, les Ehpad et les écoles, pour déterminer s'il n'y a pas l'apparition de clusters. On passe en mode "Attention ça peut redémarrer!"". 

200 prélèvements par semaine

Les marins-pompiers surveillent les zones les plus actives. Ils effectuent en moyenne 200 prélèvements dans les eaux usées par semaine, dans les centres de secours, dans 120 Ehpad et sur 37 points dans différents secteurs de la ville. 

La surveillance des eaux usées permet d'avoir un temps d'avance sur l'épidémie.  

"Avant on avait six jours d'avance entre l'apparition du SARS-Cov-2 dans les selles et le premier symptôme, mais en fonction des variants on remarque qu'on a de moins en moins d'avance", souligne le Maître principal Eric en charge des prélèvements, maintenant on est à deux ou trois jours d'avance".

"C'est peut-être dû au temps d'incubation qui est plus faible avec le variant Delta", ajoute-t-il. 

Le principal avantage de cette méthode est qu'elle prend en compte la population dans sa globalité et non les Marseillais qui se font tester.

"Symptomatique ou pas, vacciné et pas, on voit tous les gens contaminés dans les eaux usées", résume le responsable des marins-pompiers. 

Cette reprise de la circulation du virus à Marseille vient confirmer une tendance régionale globale. 

En Paca, au 8 novembre selon les derniers chiffres de CovidTracker, le taux d'incidence était en moyenne de 86 pour 100.000 habitants contre 76 la semaine précédente. Un taux bien supérieur au seuil d'alerte fixé à 50 par le gouvernement.

Depuis la rentrée, le masque a d'ailleurs fait son retour dans les classes des écoles primaires du Var où le taux est de 60 cas pour 100.000.

Mais c'est dans les Bouches-du-Rhône (101) que le taux d'incidence reste le plus élevé .

Annonces présidentielles

Dans ce contexte, un nouveau conseil de défense est réuni ce mardi à Paris et avant la prise de parole du président de la République à 20 heures depuis le palais de l’Elysée.

Quatre mois après sa dernière allocution, Emmanuel Macron devrait rappeler l’importance des gestes barrières et de la vaccination pour briser les chaînes de contamination.

Les autorités redoutent une accélération des hospitalisations en service de réanimation dans des hôpitaux où la situation reste tendue.

Le chef de l’Etat devrait conditionner le pass sanitaire à une 3e dose de vaccin pour les plus de 65 ans. Peut-être aussi pour les soignants, les personnes immunodéprimées et leurs proches.

Dans la région Paca, plus de 85 % des plus de 12 ans ont reçu un schéma vaccinal complet et 10,7% des 65-74 ans ont reçu une dose de rappel.