Marseille : trois corps carbonisés dans des voitures, le "barbecue" une signature du banditisme des années 90

L'année 2021 a débuté avec deux faits divers marqués par une technique de réglement de comptes particulière : deux corps, puis un troisième plusieurs jours après, ont été retrouvés dans des voitures carbonisées. Une signature du banditisme des années 90...

Une voiture carbonisée retrouvée avec deux corps, lors des derniers règlements de comptes en région marseillaise.
Une voiture carbonisée retrouvée avec deux corps, lors des derniers règlements de comptes en région marseillaise. © Frédéric Speich/MaxPPP

C'est une technique dite du "barbecue". Les malfaiteurs brûlent le cadavre de leurs victimes dans une voiture en feu.

À Marseille, deux règlements de comptes "signés" de cette manière ont eu lieu en moins d'une semaine. À chaque fois, dans des endroits retirés, loin de tout passage.

Les enquêtes sont en cours concernant ces deux affaires. Mais elles remettent sous les feux des projecteurs, une technique peu utilisée ces 20 dernières années, mais qui était bien connue de la police marseillaise dans les années 90.

Une "technique" ancienne

"Cette technique est apparue dans la seconde partie des années 90, spécifiquement dans la région marseillaise", explique Éric Arella, directeur zonal de la police judiciaire.

"Un homme tristement renommé pour l'utiliser était connu à l'époque sous le nom de "rôtisseur". Nous prêtions plusieurs assassinats sous cette technique à cette figure du banditisme local". Les victimes retrouvées dans les voitures brûlées sont auparavant tuées par balles. "Le "barbecue" dénote une manifestation de haine exacerbée", souligne Éric Artella.

"L'autre intention des malfaiteurs est de faire disparaître toutes traces de leurs méfaits".

Mutation dans le banditisme

À partir des années 2000 et durant la décennie 2010, cette technique a eu tendance à quasiment disparaître. Cela correspond à un début de mutation dans le banditisme régional.

"Auparavant, les règlements de compte étaient liés au trafic des machines à sous, aux butins de braquages. Puis à partir de la seconde moitié des années 90, et au début des années 2010, il y a eu un phénomène de glissement vers le trafic de stupéfiants, détaille Éric Arella. Aujourd'hui, entre 85 et 95 % des règlements de comptes sont liés à ce trafic ou bien dénotent une vengeance dans la lutte pour des territoires".

Le terme de "narco-banditisme" a été d'ailleurs initié par la police judiciaire marseillaise, en 2015. Depuis ce début du XXIe siècle, l'année record des règlements de comptes est 2016. Cette année là, localement, 26 règlements de compte avaient eu lieu, provoquant la mort de 29 personnes.

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