Vidéo. Municipales : la candidate LR à Marseille Martine Vassal a-t-elle vraiment été menacée de mort ?

Illustration. Martine Vassal, candidate officielle LR pour les élections municipales à Marseille. / © GEORGES ROBERT / MaxPPP
Illustration. Martine Vassal, candidate officielle LR pour les élections municipales à Marseille. / © GEORGES ROBERT / MaxPPP

Martine Vassal, candidate LR à Marseille, a porté plainte "pour menace de mort" et "agression sur la voie publique", mardi après l'interpellation d'une femme armée d'un couteau dans la main, lame fermée. Une vidéo tournée par un témoin sur place sème le doute.

Par GB, IF, LB

Les faits se sont déroulés mardi en fin de matinée. Dans le cadre de la campagne pour les élections municipales, Martine Vassal était dans le 3e secteur de la cité phocéenne pour y présenter son candidat.

La candidate LR était dans un bar Place Jean Jaurès, pour échanger avec les habitants. A la fin de la rencontre, Martine Vassal quitte les lieux et se retrouve dehors face à une dizaine d'opposants.

"Ils étaient tout un petit groupe à cracher, à vociférer des slogans, comme 'Un toit pour tous'. Et puis, certains ont scandé : 'Vassal, on aura ta peau'". Suite à ces menaces, j'ai préféré retourner dans le bar et prévenir la police", raconte la candidate LR.

Interpellée pour "infraction sur la législation des armes"

S'ensuit l'intervention de la BAC et l'interpellation de l'un des opposants. Des faits confirmés par la préfecture de police : "Une dame a perturbé la séance, sans violence, elle tenait à la main un couteau Opinel, lame non déployée".

La perturbatrice a été arrêtée pour "infraction sur la législation des armes", et placée en garde à vue, avant d'être relâchée sans qu'aucune charge soit retenue.

Martine Vassal a porté plainte pour "agression sur la voie publique" et "menace de mort". La candidate, déjà visée par des tags diffamatoires à son domicile en novembre 2019, souhaite "accès sa campagne électorale sur un débat d'idées, malgré la tournure agressive que prennent les Municipales" .

Les images relancent la polémique

Sur place au moment de l'altercation, Marie (son prénom a été modifié) a filmé la scène :

Publiée par Anatine Splava sur Mercredi 5 février 2020
On y entend les slogans "Un toit pour les délogés et les mineurs isolés", ainsi que "Vassal hors-la-loi". Aucune menace de mort cependant, alors que la candidate regagne l'intérieur de l'établissement.

Marie était ce jour-là à côté du Petit-Nice. Investie auprès du collectif Saint-Just, elle s'est approchée pour questionner Martine Vassal à ce sujet, avant de se faire sortir du bar, "assez fermement". 

Un pique-nique, une bûche de chèvre et son couteau

Par la suite, elle rejoint des amies à elle qui "pique-niquaient sur la Plaine, comme à leur habitude". Elles apprennent alors que Martine Vassal est au Petit Nice.

"Nous remballons rapidement notre pique nique, je récupère le couteau de la copine et la bûche de chèvre que je range dans mon sac", témoigne la personne qui sera interpellée plus tard, dans un long démenti partagé sur Facebook. 

Les amies du collectif Saint-Just scandent alors les slogans classiques comme on l'entend dans la vidéo.

"Il n’y a pas eu de menaces de mort ! Ca serait débile et contre-productif de faire cela vu qu’on lui demande d’agir pour St Just !", témoigne Marie.

Qui dit pique-nique, dit couverts à pique-nique. Une des amies avait dans son sac banane une bûche de chèvre, et un couteau opinel à bout rond pour la couper.

Au moment des contrôles d'identité de la BAC, la personne ouvre sa banane et sort alors le couteau. Elle le tend à une troisième personne, à qui appartenait le fameux couteau, "pour lui rendre", selon ses déclarations. 

"Il n'y avait pas de tension, assure Marie. On est loin des accusations qui vont peser".

"Au commissariat, les fonctionnaires de police sont surpris de découvrir un petit couteau à bout rond opinel et m’indiquent que je pourrais repartir après une audition, raconte l'interpellée. J’apprends qu’une personne aurait désigné mon amie comme ayant brandi un couteau sur la terrasse du Petit Nice".

Elle est accusée de menace de mort avec arme blanche de catégorie B. En apprenant cela, Marie reste "sans voix" : "Je me dis que c’est un cauchemar". 

Plus tard, Marie a été entendue par la police et a pu montrer les vidéos de l'arrestation. "On voit bien qu’il n’y a aucune volonté d’agression, aucune violence. On reste toujours à distance de Mme Vassal", martèle-t-elle.

La personne interpellée, depuis libérée, est "encore bien marquée". " Aujourd’hui, je pense être en droit de demander que toutes les charges soient abandonnées contre moi, que le préjudice que j’ai subi soit reconnu et que la vérité soit faite sur l’orchestration de ce faux témoignage", affirme-t-elle.
L'équipe électorale de Martine Vassal n'avait pas répondu à nos sollicitations vendredi après-midi. 

Un couteau... à beurre

L'histoire avait aussi fait les choux gras des commentaires sur Facebook, "l'affaire" ayant été rapportée par le Collectif du 5 novembre, né après l'effondrement d'immeubles insalubres qui avaient fait 8 morts fin 2018.

"Une militante solidaire des droits des étrangers a été arrêtée pour possession d'un... couteau à beurre autour d'une conférence de presse de Martine Vassal", avait réagi le jour même, ses sympathisants. 

URGENT!!! Une militante solidaire des droits des étrangers a été arrêtée pour possession d'un... Couteau à beurre...

Publiée par Collectif du 5 novembre : Noailles en colère sur Mardi 4 février 2020
"Des militantes étaient en train de faire un +picnic+ sur La Plaine en mode vie perso et ont aperçu la conf de presse (...) Interpellation orale très calme avec quelques slogans", confirme sur Facebook le collectif.

"RAS jusque là. Puis la Bac est arrivée (...) et a contrôlé les militantes. L'une d'elle a spontanément montré son couteau à beurre rangé dans sa banane (ce n'est pas une blague) et a été arrêtée et emmenée au commissariat Noailles"... On connait la suite. 
 

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