OM : "la rupture est consommée", les groupes de supporters répondent à la direction par une lettre ouverte

La direction de l’Olympique de Marseille a menacé les groupes de supporters de rompre la convention des abonnements. Les supporters ont répondu dans une lettre ouverte.

Les supporters ont répondu à la direction du club dans une lettre ouverte explicite.
Les supporters ont répondu à la direction du club dans une lettre ouverte explicite. © Nicolas TUCAT / AFP

La tension est montée d'un cran mardi entre les supporters marseillais et la direction de l’Olympique de Marseille.

Après l’annonce du futur projet "Agora OM"  lundi soir, les esprits étaient déjà bien échauffés. Mais la goutte qui a fait déborder le vase, c'est le mail du directeur général du club Hugues Ouvrard, à tous les groupes de supporters. Dans ce courrier, il les avertit qu'il envisageait de "mettre fin à la convention sur les abonnements" qui lie le club et ces associations.

Dans la soirée, les groupes de supporters ont répondu par une lettre ouverte commune dans laquelle ils assurent que "la rupture est consommée", que "le dialogue est devenu impossible".

"Nous ne vous considérons plus, ni vous-même , ni celui qui s'exprime à travers vous, Jacques-Henri Eyraud, comme dirigeants de l'OM". Les supporters demandent le boycott des produits dérivés du club. Ils annoncent une conférence de presse "sous peu", "pour mettre un terme à cette mascarade"

La menace de trop

Cette nouvelle prise de position de la direction a été vécue comme une attaque. Certains supporters craignent un possible "Plan Leproux" à la marseillaise, en référence à la dissolution des groupes de supporters du Paris SG en 2011.

 

Sur Twitter, les plus excédés ont même lancé  un appel au boycott de tout ce qui touche l'OM de près ou de loin, ses produits dérivés ou ses réseaux sociaux.

Le club s'en prend aussi aux Ultras. "Nous avons pris la décision de ne plus tolérer aucune violence commise par les supporters ultras. Nous le leur avons signifié par l’envoi d’un courrier de mise en demeure affirmant notre volonté de mettre fin à ces pratiques".

L'incompréhension est partagée par les fans de l'OM qui n'appartiennent à aucun groupe de supporters. "Il a critiqué les Marseillais, les employés. Il manque de respect à l’OM. Il s’attaque à l’ADN de 121 ans d’histoire. Je ne comprends pas. Je sais pas ce qu’il veut faire du club et de ses supporters", témoigne Gabi devant la Commanderie, le centre d'entraînement de l'OM. 

Tollé général

De droite à gauche, les élus marseillais ont vivement réagi eux-aussi sur les réseaux sociaux. 

"Non content d'être responsable de la situation chaotique du club, Eyraud veut vider le stade de ses supporters, pour un stade aseptisé. Mais il ne sait pas que l'on éteint pas une passion. L'OM c'est nous!", écrit de son côté le sénateur PCF Jérémy Bacchi.

"L’OM fait battre le cœur de Marseillais, les supporters font battre le cœur de l’OM, @jheyraud, vous êtes garant de cette passion collective, ne la brimez pas !", tweete aussi le maire LR de secteur Lionel Royer-Perreault.

"Nous n'avons pas le droit de perdre ce lien unique"

Renaud Muselier

Le président de la région, Renaud Muselier, a réagi sur Twitter, invitant à "envoyer les voyous en prison" et soutenant les clubs de supporters.

"Il faut apaiser et surtout recoudre ce lien entre Marseille et l'OM. Chacun à sa place, chacun dans ses responsabilités", a-t-il conclu. 

Selon nos informations, les groupes de supporters se sont rassemblés mardi pour décider des actions qu'ils comptent mener. Mercredi, la rencontre Marseille-Nice comptant pour la 11e journée de Ligue 1 se jouera au Vélodrome à 21 heures. Le couvre-feu de 18 heures pourrait peut-être éviter des tensions devant le stade.

 

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