Pollution aux poussières rouges à Bouc-Bel-Air : le préfet prend un arrêté d’urgence

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Écrit par MM avec AFP

À la suite de l’accident de pollution survenu le 8 avril 2018 sur la commune de Bouc-Bel-Air au nord de Marseille, Pierre Dartout, Préfet des Bouches-du-Rhône, a pris un arrêté d’urgence. Il ordonne à Alteo de nettoyer et d’évaluer les conséquences sur l’environnement.

Un épais nuage de poussières rouges

Avec le vent de sud-est, c'est un épais nuage de poussières rouges (bauxite) en provenance du site de stockage de l'usine Altéo qui a recouvert dimanche certains lotissements au nord de Bouc-Bel-Air, et notamment une école. Le maire de cette commune, Richard Mallié, a porté plainte et une association, Bouc-Bel-Air Environnement, a déposé une main courante à la gendarmerie.


A la suite de la pollution, la DREAL (direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) a inspecté le site pour évaluer la conformité des mesures préventives prescrites par l’arrêté préfectoral du 21 juin 2016. Cet arrêté fixe les règles de stockage des déchets et oblige Altéo à adopter un plan pour "limiter au maximum les surfaces en cours d'exploitation, les infiltrations d'eau dans le massif de résidus et les envols de poussière".

Dans l'arrêté d'urgence de ce 11 avril 2018, le préfet demande à Altéo "de mettre en oeuvre, à sa charge (...) les moyens nécessaires pour supprimer dès à présent les conséquences et les nuisances générées par les retombées de poussières sédimentables chez les riverains ainsi que les lieux et équipements publics concernés".

Par ailleurs, l'exploitant est tenu de transmettre sous quinze jours un rapport d'accident à l'inspection des installations classées. Un contrôle sera opéré pour vérifier la réalisation des opérations de nettoyage.

La direction d'Alteo a assuré avoir entamé l'entretien de l'encroûtage du site, un procédé qui empêche la dissémination des résidus,  dix jours plus tôt. "Malheureusement nous n'avions pas terminé lorsque cet épisode tempétueux du week-end est survenu", avait indiqué Eric Duchenne, directeur industriel et développement durable d'Alteo.

Alteo a cessé fin 2015 ses rejets en mer de "boues rouges", des déchets solides issus de la transformation de la bauxite et désormais stockés à terre, mais déverse toujours dans la Méditerranée des effluents liquides.