Un décret suspend les dispositions du code du travail relatives à l'utilisation d'eau chaude sanitaire des lavabos. Il est applicable depuis le 25 avril.

En sortant des toilettes, après une réunion où vous avez serré des mains, avant d'aller à la cantine puis sans doute encore après le déjeuner. On ne compte pas le nombre de fois où, au cours d'une journée de travail au bureau, on se lave les mains. Un geste anodin, sans doute encore plus fréquent depuis l'épidémie de Covid pendant laquelle il était encouragé par les autorités sanitaires pour éviter de transmettre le virus. Pourtant, un décret publié le 24 avril 2023 au Journal officiel va changer ce rituel.

Ce décret n°2023-310 permet de déroger, jusqu'au 30 juin 2024, à l'obligation "de mettre à disposition des travailleurs de l'eau à température réglable sur les lieux de travail" fixée par l'article R. 4228-7 du code du travail.

Plus concrètement, le décret permet "la suppression de l'eau chaude sanitaire des lavabos dans les bâtiments à usage professionnel pour répondre à des objectifs de sobriété énergétique." Terminée donc l'eau brûlante pour votre séance de lavage de mains.

"L'employeur peut, après avis du comité social et économique, s'il existe, mettre à disposition des travailleurs, sur leur lieu de travail, de l'eau dont la température n'est pas réglable, sous réserve que l'évaluation des risques réalisée (...) n'ait révélé aucun risque pour la sécurité et la santé des travailleurs du fait de l'absence d'eau chaude sanitaire et en tenant compte des besoins liés à l'activité éventuelle de travailleurs d'entreprises extérieures", détaille le texte du décret, applicable depuis le 25 avril 2023.

Sont toutefois exemptés de coupures d'eau chaude par le même décret plusieurs lavabos sur les lieux du travail : ceux du local d'allaitement, ceux du local de restauration et, enfin, dans les douches, incluant celles affectées à l'hébergement des travailleurs.

L'eau froide pas moins efficace contre les microbes

Pas d'inquiétude pour autant avec cette baisse de température. "Les mains constituent le mode de transmission principal des micro-organismes. L’hygiène des mains est donc considérée comme la mesure la plus efficace dans la prévention des infections et de la dissémination de micro-organismes", souligne l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Mais selon une étude de la Rutgers University (Etats-Unis), publiée en 2017 dans le Journal of Food Protection, l’eau froide est tout aussi efficace que l’eau chaude pour garantir une bonne hygiène des mains.

La seule différence significative se situe au niveau du temps passé à se laver les mains : une durée de lavage de 20 secondes élimine cinq fois plus de bactéries qu’un lavage de 5 secondes. Au-delà de 20 secondes, cela ne sert en revanche plus à rien d’allonger le temps de lavage, rappelle Ouest-France dans une enquête qui prouve que le quotidien ne se lave pas les mains du sujet.

A noter que l'argument de réduction de la consommation d’énergie avancé par le décret n'est pas faux : il faut 22,35 kWh pour chauffer à l’eau nécessaire à 1 000 lavages de mains à 38°C, contre seulement 3,99 kWh à 15°C, soit 82 % de moins.

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