Régionales 2021 en Paca. Jean-Laurent Félizia se retire du second tour: "Je voterai Renaud Muselier pour battre Mariani"

L'écologiste Jean-Laurent Félizia a annoncé devant la presse qu'il retire sa liste pour le second tour des élections régionales en Paca. Le candidat de l'union de la gauche se rallie au choix stratégique de son parti pour faire barrage au RN.

Le visage grave et le ton empreint de solennité, Jean-Laurent Félizia a annoncé lundi à 17h devant les caméras de la presse qu'il retire sa liste pour le second tour des élections régionales en Paca, reconnaissant qu'"il n'y avait pas de bon choix". 

Il se défend d'avoir cédé aux pressions de son parti qui le menaçait d'exclusion. Il explique que "ce second tour en Paca est très incertain, trop incertain, et dangereux, trop dangereux."

Ce "choix déchirant" a été pris "collectivement". Choix visiblement douloureux mais il refuse de "laisser Marine Le Pen faire de Paca le marchepied de ses funestes ambitions."  

Sans appeler ses électeurs à faire de même, le candidat a annoncé qu'il votera "dimanche prochain pour Renaud Muselier pour battre Mariani et sa triste cohorte".

Il ajoute : "je le ferai et je sais que nous serons une majorité à le faire".

Réactions de Renaud Muselier et Thierry Mariani

Renaud Muselier a salué "la décision républicaine" de Jean-Lauren Félizia dans un communiqué, précisant que ce dernier l'en avait averti par téléphone avant de faire sa déclaration. 

Le président sortant LR a dit "mesurer le sacrifice" que cela représente pour le candidat de la gauche et l'ensemble de ses colistiers. Et il assure aux 195.224 électeurs déçus que "ce renoncement ne sera pas oublié" par sa majorité s'il est élu, promettant de mettre en place "des mécanismes nouveaux" qui leur permettront de peser depuis
l'extérieur du Conseil régional.

De son côté, le chef de file du Rassemblement national en Paca a commenté le retrait de Jean-Laurent Félizia sur Twitter. "Incapables de convaincre les électeurs, les voici tous unis - des communistes aux macronistes, des socialistes à LR - pour tenter d’empêcher la volonté populaire de s’exprimer", a-t-il réagi, répétant une nouvelle dois que "si Muselier l’emporte dimanche en Paca, notre region deviendra alors la seule région gagnée par Macron".

Ces dernières heures, on sentait la position de Jean-Laurent Félizia fléchir sous le poids de la pression. L'information a fuité en début d'après-midi. 

Avant même que la tête de liste écologiste ne prenne la parole, les réactions des responsables EELV se sont multipliées sur les réseaux sociaux.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a salué la décision de Jean-Laurent Félizia de retirer la liste d'union de la gauche pour le second tour des régionales en Paca. "Merci pour votre fidélité à la promesse de la gauche qui, comme toujours dans son histoire, reste le rempart face à l'extrême droite", a-t-il déclaré sur Twitter.

Le secrétaire général adjoint du parti délégué aux régions a lui aussi salué une "décision lourde, mais nécessaire" dans un Tweet où il appelle "à voter Muselier pour battre l'extrême droite".

Un peu plus tôt, le conseiller municipal EELV, tête de liste des régionales dans le Vaucluse avait réagi sur Twitter pour exprimer une "très grosse déception", évoquant une "grosse erreur politique". 

Depuis dimanche soir, les caméras sont braquées sur lui. Jusque là inconnu dans le paysage politique provençal, le candidat écologiste s'est retrouvé sous le feu des projecteurs en se plaçant 3e du premier tour des régionales en Paca, avec un score de 16,9%, en mesure de se maintenir dans une triangulaire avec le RN et LR.

La liste qui rassemble EELV et les partis de gauche (sauf les Insoumis) est arrivée derrière le RN Thierry Mariani (36,4%), le président LR sortant Renaud Muselier (31,9%).

A l'annonce des résultats, Jean-Laurent Félizia affichait pourtant toute sa détermination à se maintenir au second tour. "Je n'ai pas peur" clamait-il sur le plateau télévisé de France 3.

Interrogé à nouveau lundi midi, il avait affirmé camper sur sa position "pour l'instant".

Finalement ce lundi soir, après une nouvelle réunion avec ses colistiers, l'écologiste a annoncé son retrait. Le conseiller municipal d'opposition du Lavandou (Var) a-t-il cédé à la pression des instances nationales de son parti ou s'est-il plié à une décision collective ? 

Avant même l'annonce des résultats définitifs, son colistier Alexandre Latz avait annoncé qu'il se retirait. "Nous (ne) nous relèverions pas d'avoir jeté la région dans les bras de l'extrême droite. J'étais candidat, (...) ce sera sans moi", avait expliqué le militant de Place Publique et 5e de la liste du Rassemblement écologique et social de Jean-Laurent Felizia dans le Var.

Un peu plus tard dans la soirée, Julien Bayou, le patron des Verts, avait brandi la menace de l’exclusion si le candidat écologiste persistait dans une attitude qualifiée d'"irresponsable" par le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, le risque d'élection du Rassemblement national étant jugé trop élevé.

Réactions en Paca

Patrick Allemand, ancien 1er vice-président de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur a salué une "décision courageuse". Il appelle les électeurs de gauche à se rendre aux urnes dimanche pour faire barrage au Rassemblement national.

En Paca se donc rejoue le scénario de 2015. Christophe Castaner s'était retiré au profit de Christian Estrosi pour éviter l'élection de Marion Maréchel Le Pen à la tête de la région.