Régionales 2021 en Paca : Muselier fustige "l'aventure personnelle" de Félizia, qui refuse de "lâcher" ses électeurs

Les candidats qualifiés pour une triangulaire inédite aux élections régionales en Paca ont réagi ce lundi matin aux résultats du premier tour. Le maintien de la liste d'union de la gauche, portée par Jean-Laurent Félizia, suscite toutes les interrogations. 

Alors que tous les regards sont tournés vers la région Paca ce matin, les trois candidats qualifiés pour le second tour des élections régionales - Thierry Mariani pour le RN (36,38%), le président de région sortant LR Renaud Muselier (31,91%), et Jean-Laurent Félizia pour l'union de la gauche et des écologistes - ont livré leurs réactions ce matin au micro de France Bleu. 

Au lendemain du premier tour, c'est le maintien du candidat du Rassemblement écologique et social qui suscite toutes les interrogations. Pour Jean-Laurent Félizia (16,89%), abandonner serait un "affront" pour ses électeurs.

"On n'a plus fait vivre les valeurs [de l'écologie et de la gauche] depuis 2015, Renaud Muselier n'a pas tenu compte de notre désistement, nous n'avons pas existé dans l'hémicycle régional", a rappelé la tête de liste, en référence au désistement de Christophe Castaner en 2015 contre le RN de Marion Maréchal-Le Pen.

"La prochaine fois on fait quoi, on y va pas, on reste à la maison ?", s'est-il interrogé.

Suite à son annonce, Jean-Laurent Félizia essuie depuis hier soir des désistements en série. Le bureau national d'Europe écologie les Verts (EELV) lui a retiré son soutien, et Julien Bayou, le secrétaire national du parti, a annoncé lundi qu'il serait exclu s'il déposait sa liste pour le second tour.  

"Défense" des idées de gauche ou "erreur politique" ?

Renaud Muselier, dont la réélection est mise en péril par cette triangulaire, a fustigé "l'aventure personelle" de Jean-Laurent Félizia, en dépit des appels au renoncement lancés par les états-majors nationaux.

"Cela ne correspond en rien à l'union de la gauche [...] je ne peux que regretter cette position, qui est aussi regrettée par les formations politiques nationales comme locales, qui ne veulent pas prendre de risque face au Front national", a-t-il estimé.

Se pose alors une nouvelle fois le dilemme du front républicain comme barrage à l'extrême-droite. Pour l'instant, la liste de Renaud Muselier fusionnera seulement avec la liste écologiste dissidente de Jean-Marc Governatori (5,28%), Cap écologie. 

De son côté, Thierry Mariani, qui pourrait tirer profit de cette absence de ralliement, a félicité son opposant de gauche pour "défendre ses idées et son programme", attaquant au passage le bilan du sortant et "l'alliance contre-nature" formée entre LREM et LR.

"Vous voulez vraiment que Renaud Muselier soit le seul président de région élu avec le soutien de Macron ?", a-t-il mis en garde. 

"S'ils ne veulent pas voter, qu'ils ne se plaignent pas"

De l'histoire de la Ve République, jamais les Français ne s'étaient aussi peu mobilisés pour des élections. Lors de la fermeture des derniers bureaux de vote, l'abstention dépassait les 66% selon les dernières estimations.

Renaud Muselier a justifié la participation historiquement basse pour ces élections par un manque général de "crédibilité de l'action politique" : "on a beaucoup parlé du national, de problèmes qui n'avaient rien à voir avec notre région", a-t-il regretté, faisant allusion à la campagne sécuritaire portée par le RN, malgré l'absence de lien avec les prérogatives régionales.

"Plus de 70% des électeurs traditionnels du Rassemblement national ne se sont pas déplacés", a déploré de son côté Thierry Mariani, classé bien en deçà de ce qu'annonçaient les sondages, appelant à la mobilisation de ses soutiens pour le second tour dimanche 27 juin.

"C'est bien que nos électeurs nous disent qu'il faut que les choses changent, mais s'ils ne veulent pas voter, qu'ils ne se plaignent pas", s'est-il agacé, après que le parti d'extrême-droite n'ait pas réalisé les scores espérés à l'échelle nationale.

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