Régionales 2021 en Paca : 5 choses à retenir sur le premier tour

Des électeurs mais pas de bureaux, une abstention record, LR qui sourit, le RN qui fait grise mine et la gauche qui tente la passe de trois avant de renoncer pour le second tour. Voici cinq choses qu'il fallait retenir de ce premier tour des élections régionales en Paca.

Au QG de Thierry Mariani pour le premier tour des élections régionales 2021 en Paca.
Au QG de Thierry Mariani pour le premier tour des élections régionales 2021 en Paca. © Camille BOSSHARDT / FTV

Des électeurs mais pas de bureaux, une abstention record, le LR qui sourit, le RN qui fait grise mine et les Verts qui tentent la passe de trois avant de renoncer pour le second tour. Voici cinq choses qu'il fallait retenir de ce premier tour des élections régionales en Paca

Les négociations d'alliances, fusions ou retraits continueront d'alimenter la chronique jusqu'au dépôt des listes mardi à 18h, en particulier dans la région Paca où le RN cavale en tête. 

Des électeurs marseillais ont trouvé porte close dimanche matin en se rendant aux urnes, plusieurs bureaux de vote n'ayant pas ouvert faute d'assesseurs, un problème résolu en fin de matinée.

Des délégués spéciaux et assesseurs ont été réquisitionnés jusque dans les files d'attentes des électeurs qui patientaient.

Au bureau de vote d'une école maternelle, ce n'était pas les assesseurs qu'il manquait à la mi-journée mais les enveloppes. Plus personne ne pouvait voter pour les départementales. 

Elle était redoutée et attendue mais peut-être pas dans de telles proportions. Jamais dans l'histoire de la Ve République, les Français ne s'étaient aussi peu mobilisés pour des élections, hors référendum. A la fermeture des derniers bureaux à 20h, l'abstention atteignait entre 66,3% selon les estimations.

Le précédent record pour les élections régionales, datant de 2010 avec 53,67% d'abstention, devrait être largement dépassé. Après des mois de confinement et de restrictions sanitaires en raison de l'épidémie de Covid, les Français ont boudé ce dimanche électoral.

Le signe d'une crise démocratique inquiétante à moins d'un an de l'élection présidentielle.

En Paca, la tête de liste RN Thierry Mariani devance le président sortant Renaud Muselier. Mais bien en-deçà de la dizaine de points créditée par les sondages.

Les appels au front républicain, que Jean-Laurent Félizia a accepté à lundi à contre-coeur, ont rapidement fleuri dès le dimanche soir, assombrissant les rêves de victoire de la formation de Marine Le Pen dans une région qu'elle voulait transformer en vitrine à moins d'un an de la présidentielle.

Le chef de file du Rassemblement écologique et social en Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'écologiste Jean-Laurent Felizia a annoncé dimanche à la surprise générale qu'il maintiendrait sa liste d'union de la gauche, arrivée en troisième position derrière Thierry Mariani (RN) et le président sortant Renaud Muselier (LR).

Pas du goût des états-majors des partis nationaux, qui l'ont rapidement appelé à la "raison". Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a réclamé "solennellement le retrait de la liste de Jean-Laurent Felizia", ajoutant sur Twitter qu'"aucun risque ne peut être pris face à l'extrême droite".

Le bureau exécutif d'EELV a aussi annoncé retirer son soutien, et menacé à présent d'exclure son candidat Jean-Laurent Félizia.

"Un bras d'honneur à Olivier Faure", a surenchérit le patron des députés LREM, Christophe Castaner. "Dans la seule région de France où le RN peut l'emporter, la gauche n'est pas au rendez-vous. C'est une faute politique". 

Le bras de fer n'aura pas duré : dès le lundi à la mi-journée, lâché de toutes parts, la volonté de Jean-Laurent Félizia se fissure mais il refuse de "lâcher ses électeurs". Quelques heures plus tard, il finit par céder et annonce son retrait à contre-coeur pour faire barrage à l'extrême-droite.    

Condamné par les sondages, miné par les psychodrames à répétition dans le sillage de l'accord de premier tour en Paca entre Arnaud Muselier et LREM, LR sort la tête de l'eau.

Le président LR sortant Renaud Muselier n'est finalement que légèrement devancé par son adversaire RN Thierry Mariani, pourtant crédité de 10 points d'avance dans les sondages pré-scrutin.

Se réjouissant d'avoir "déjoué la totalité des sondages", Arnaud Muselier a appelé chacun "à prendre ses responsabilités face à l'extrême droite".

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