Trois jeunes hommes tués par balles dans un quartier résidentiel du 11e arrondissement de Marseille

Ils ont succombé à des tirs d'armes de guerre. Trois jeunes hommes âgés d'une vingtaine d'années sont morts autour de 5 heures du matin dans un quartier "réputé calme" de Marseille.

Peu après 5 heures ce matin, cinq hommes âgés de moins de 23 ans circulent en voiture dans le 11e arrondissement de Marseille, un quartier plutôt résidentiel de l'est de la ville.

A l’angle du boulevard de la Pomme et de l’avenue Bernard Lecache, des individus à bord d'un autre véhicule leur tirent dessus. Trois jeunes gens meurent. 

Le quartier où se sont déroulés ces faits a d'abord surpris. Frédérique Camilleri, préfète de police des Bouches-du-Rhône, apporte une explication : "Parmi les occupants de la voiture (visée) trois étaient connus des services de police pour trafic de stupéfiants et sont originaires d'une cité qui est connue pour les trafics de stupéfiants, la cité Félix-Pyat, qui fait l'objet actuellement d'un certain nombre de convoitises par des réseaux concurrents".

Les trois victimes étaient originaires de la cité Felix Pyat mais certaines n'y habitaient plus. 

"Depuis le début de l'année, on a une recrudescence du trafic de stupéfiants, à Marseille notamment" constate la préfète de police, "on a de très jeunes personnes qui sont recrutées parfois sur les réseaux sociaux, pour être tueurs à gages et pour aller tuer des cibles qu'on leur désigne." 

Les enquêteurs de la police judiciaire sont une vingtaine sur cette affaire, dans un premier temps. La police scientifique intervient également. Depuis ce dimanche matin, la police "pose la scène de crime". Vidéos, témoignages... tout doit être verrouillé avant de passer à la phase active.

Des tirs en rafale. Des étuis de calibres de 7.62 sont retrouvés sur place. Souvent associés à l'arme de guerre Kalachnikov, il peut s'agir d'autres armes.

Une fois la scène de crime posée, les pistes d'enquête sont choisies. Les policiers n'ont pas été particulièrement surpris par le lieu des faits. Même s'ils interviennent plutôt dans les quartiers Nord en pleine nuit, Ils travaillent dans tout Marseille.

Pour ce qui concerne le scénario de cette affaire, on sait que les deux véhicules étaient à l'arrêt au moment des tirs. Deux hypothèses sont envisagées : 

  •  Les tireurs attendaient dans leur voiture, devant la boite de nuit, "en planque", comme le font les policiers.
  •  Un de leurs complices pouvait faire le guet devant la boite de nuit pendant qu'ils étaient garés à l'écart, pour leur "donner le go", selon le jargon des voyous.

A ce stade, environ 12 heures après les meurtres, aucune piste n'est écartée.       

Les victimes ont quitté la boîte de nuit "Miami club" depuis quelques instants quand leur voiture est prise pour cible. Les deux véhicules sont à l'arrêt lors des rafales.

Sur les cinq occupants, deux n'ont pas été touchés par les balles. L'un d'eux s'est enfui, l'autre est resté sur les lieux.

Le véhicule des criminels a été retrouvé brûlé.

La Police Judiciaire de Marseille est chargée de l'affaire. Les suspects, en fuite, ne sont pas encore identifiés.    

Avec AFP