Covid : 3 questions sur ce variant sud-africain qui fait trembler les autorités sanitaires

Après le variant anglais du Covid-19, le variant sud-africain s'invite aussi, et fait trembler les autorités. Tout aussi contagieux, il est peut-être résistant au vaccin. Eléments de réponse avec le Dr Emilie Mosnier, infectiologue et chercheur en épidémiologie à l'AP-HM.

© JUAN MABROMATA / AFP

Alors que la campagne de vaccination a débuté en France, un nouveau variant du SARS-Cov2 inquiète les autorités. Il est apparu en Afrique du Sud, s'avère très transmissible. Et pourrait être résistant au vaccin. 

Le Dr Emilie Mosnier, médecin infectiologue à l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM), et chercheur en épidémiologie au SESSIM, nous éclaire sur ce problème.

Pour l’instant, les données arrivent à peine. On sait juste un peu le type de mutation, et mais on en est à faire que des hypothèses.

Des cas sont déjà signalés aux Comorres et des premiers cas ont été repérés en Pays de la Loire. Deux cas ont également été détectés dans les Alpes-Maritimes. Le premier patient positif revenait d'Afrique du Sud. 

D'après les quelques données épidémiologiques dont nous disposons, on a un peu l’impression qu’on est sur le même profil que le variant anglais. Mais le Sud-Africain présente une plus grande transmissibilité. 

Avec l’arrivée des nouveaux variants, la transmission est  supérieure. Il y a une épidémie dans l’épidémie.

Ce nouveau variant crée vraiment un plus grand nombre d’infections. En Grande-Bretagne et en Afrique du Sud, les autorités sanitaires se sont rapidement fait submerger.

En Afrique du Sud, le nouveau variant touchait 1% des personnes infectées en octobre. Actuellement, cela concerne 90 % des patients.

Le but d'un virus, ça n’est pas de tuer son hôte, le but c’est de se reproduire. Ce qui est sûr c’est que ce nouveau variant va prendre toute la place. Il est beaucoup plus transmissible donc il a un avantage sélectif sur l’autre.

Si on le laisse faire, on va se faire déborder très vite. D’autant plus qu’il est déjà sur le sol métropolitain. Là l’enjeu est important en France, car on n’a pas suffisamment de personnes vaccinées. On n’a pas d’immunité collective qui nous préviendrait d’un débordement de nos structures de soins.

Dans une émergence virale, c’est comme le chat et la souris, c’est une course contre la montre. Plus on voudra bloquer et contrôler le virus, moins on aura de risque d’émergence de variants qui nous échappe. C’est pour ça que c’est important pour nous collectivement d’avoir le moins nombre de cas, en appliquant la vaccination.

On sait que le vaccin marche sur le variant anglais. Ce sont des données des laboratoires. Mais on ne sait pas encore s'il va marcher sur le Sud-Africain. Il y a une mutation sur la protéine Spike qui lui permet de pénétrer la cellule. Il faut qu'on vérifie si les vaccins vont être efficaces. Car les vaccins ciblent justement cette protéine Spike.

Le  but du vaccin est de développer une immunité pour empêcher l’infection au virus. On va voir avec le temps. Il nous faut tenter d'éviter de faire l’infection, de la transmettre et la développer.

Ce qui est compliqué, c’est qu’on démarre la stratégie de vaccination. Donc on n’a pas de recul sur la durée d’immunité provoquée par le vaccin et sur l’effet collectif du vaccin.
 

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