Deux cas du variant sud-africain du Covid-19 détectés dans les Alpes-Maritimes

Un foyer épidémique familial de cette variante plus contagieuse du virus a été détecté dans le département. Le premier patient positif revenait d'Afrique du Sud. 

Vue aérienne de la ville de Nice, dans les Alpes-Maritimes.
Vue aérienne de la ville de Nice, dans les Alpes-Maritimes. © France Télévisions

Un avion atterrit à Nice juste avant les vacances de Noël. À son bord, un Azuréen vient passer les fêtes en famille. L'homme a été testé négatif au Covid-19 après avoir réalisé un test PCR 72 heures avant son départ d'Afrique du Sud.

Avant d'embarquer, il a gardé la tenue d'été, un short. Pourtant, une fois à bord il a froid, tremble et a les symptômes d'un rhume. Pour cet Azuréen, rien de grave puisqu'il a été testé négatif.
D'ailleurs, il monte dans le véhicule de sa famille qui est venu le chercher à l'aéroport Nice Côte d'Azur. 45 minutes de route dans un milieu confiné avant d'arriver dans sa résidence.

Une file d'attente à l'aéroport Nice Côte d'Azur le 19 décembre 2020.
Une file d'attente à l'aéroport Nice Côte d'Azur le 19 décembre 2020. © Anne le Hars / France Télévisions

La persistance des symptômes le conduit à réaliser un test antigénique qui s'est avéré cette fois positif. Les deux autres personnes en contact avec le malade prennent rendez-vous chez un médecin. Ce docteur réalise un test salivaire dont le prélèvement est envoyé le 22 décembre au centre national de référence des virus des infections respiratoires de Lyon (CNR).

Ce professionnel de santé, qui souhaite rester anonyme, reçoit les résultats dans les premiers jours de janvier. Ses deux patients sont positifs au variant sud-africain du Covid-19 : "Le variant 501.V2 /la mutation E484K, qui remplace l’acide aminé E (acide glutamique) par K (lysine), est présent dans de nouveaux variants détectés en Afrique du Sud (501Y.V2) et au Brésil (lignée B.1.1.728)."
Jointe par téléphone ce matin Maude Bouscambert, virologue au centre national de référence de Lyon, confirme l'information.

Les trois personnes concernées par le virus ont respecté les règles et se sont placées à l'isolement en quatorzaine. Il est impossible de dire si l'Azuréen arrivé d'Afrique du Sud était positif au variant car le test antigénique qu'il a effectué après son arrivée en France ne permet pas le séquençage.

Dans le vocabulaire médical, un séquençage veut dire analyser les milliards de données dans une machine spécialisée afin d'obtenir plus d'informations sur le virus présent chez le patient.

De son côté, l'agence régionale de santé nous a indiqué qu'elle n'avait pas d'informations au sujet de la présence de ces cas de le département.

Un test PCR réalisé par une biologiste, test semblable à celui passé par l'Azuréen avant son départ d'Afrique du Sud.
Un test PCR réalisé par une biologiste, test semblable à celui passé par l'Azuréen avant son départ d'Afrique du Sud. © ALAIN JOCARD / AFP

Comme pour le variant anglais

Le variant sud-africain est arrivé dans les Alpes-Maritimes comme le variant anglais. Une personne qui souhaite passer Noël en famille, en petit comité, prend l'avion pour rentrer voir ses proches.

Depuis la multiplication des cas en France, des laboratoires azuréens envoient systématiquement les analyses de leurs patients positifs au CNR de Lyon.
Jacques Bartoletti, biologiste et directeur général délégué du laboratoire d'analyse Bioestérel précise que depuis début janvier : "Dès que nous détectons un cas positif arrivé de l’étranger (Angleterre ou Afrique du Sud) et leurs cas contacts, on fait faire un séquençage".

Le taux d'incidence des 6 départements de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (nombre de personnes positives pour 100 000 habitants) :

Vers de nouveaux variants ?

Selon les biologistes et les médecins que nous avons interrogés le variant anglais prendra forcément la place de la version actuelle du virus, ce n'est peut-être qu'une question de mois ou de semaines.
"Ce nouveau variant créé vraiment un plus grand nombre d’infections. En Grande-Bretagne et en Afrique du Sud,  les autorités sanitaires se sont rapidement fait submerger.
En Afrique du Sud, le nouveau variant touchait 1% des personnes infectées en octobre. Actuellement, cela concerne 90 % des patients. " comme le souligne le docteur Emilie Mosnier, médecin infectiologue à l'AP-HM et chercheur en épidémiologie au SESSIM.

Le risque aujourd'hui est l'apparition d'un autre variant qui sera peut-être différent au niveau des symptômes, plus graves, et de la résistance au vaccin.

Le comité d'urgence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est réuni jeudi, avec deux semaines d'avance, pour discuter des variants du Sars-CoV-2, beaucoup plus contagieux. Des recommandations pour l'OMS et les pays membres doivent être rendues publiques à la suite de la réunion, probablement vendredi.

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