Variant anglais du Covid-19 : 8 cas dans les Alpes-Maritimes et 4 dans le Var

Des foyers épidémiques familiaux ont été détectés selon les laboratoires d'analyses. Au moins un dans le Var et un autre dans les Alpes-Maritimes. 

Un masque chirurgical sur lequel est posé le drapeau du Royaume-Uni, symbole de la propagation du variant anglais.
Un masque chirurgical sur lequel est posé le drapeau du Royaume-Uni, symbole de la propagation du variant anglais. © Jean-Luc Flémal / MAXPPP

Tout est parti d'un Noël en famille à Biot, dans les Alpes-Maritimes. Un jeune étudiant est rentré d'Angleterre pour ce moment de fête, ce qui devait être un temps de partage s'est transformé en foyer épidémique familial du variant anglais du Covid 19. 

Joint par téléphone, Jacques Bartoletti confirme l'information de nos confrères de Nice-Matin. Le biologiste directeur général délégué du laboratoire d'analyse Bioestérel rajoute que depuis début janvier : "Dès que nous détectons un cas positif arrivé de l’étranger (Angleterre ou Afrique du Sud) et leurs cas contacts, on fait faire un séquençage".

Dans le vocabulaire médical, un séquençage veut dire analyser les milliards de données dans une machine spécialisée. Les données recueillies suite au test réalisé par le laboratoire d'analyse des Alpes-Maritimes ont été envoyées à Lyon, dans un centre national de référence des virus des infections respiratoires.

En ce qui concerne le foyer familial de Biot, le premier test a été réalisé le 19 décembre précise Jeremy Corneille, biologiste et directeur du laboratoire Bioestérel à Mougins, là où le test à été effectué. L'étudiant positif est rentré dans les Alpes-Maritimes mi-décembre. Les tests n'étaient pas obligatoires à ce moment en Angleterre pour les voyageurs français souhaitant revenir chez eux.

"On a réalise 600 tests positifs sur la zone Antibes, Mougins et Vallauris, on n'a pour l'instant aucun autre cas du variant anglais"

Jacques Bartoletti, directeur général délégué du laboratoire d'analyse Bioestérel


"J'ai été recontacté vers le 2 janvier par la mère de l'étudiant. Et c'est là que j'ai appris que le cas initial revenait de Londres. On a donc envoyé vers le 4 janvier les analyses vers Lyon. Le résultat est revenu ce mardi après-midi et on a prévenu l'agence régionale de santé (ARS)".

De son côté, l'ARS a confirmé jeudi après-midi la présence du variant anglais dans les Alpes-Maritimes. Vendredi 15 janvier, l'ARS a fait état de 8 cas du variant anglais dans les Alpes-Maritimes et 4 cas dans le Var. Il y a également 8 cas dans les Bouches-du-Rhône et un cas dans les Hautes-Alpes. L'ARS rappelle que ces souches ne sont pas "plus dangereuses" mais "plus contagieuses".

"On a réalise 600 tests positifs sur la zone Antibes, Mougins et Vallauris, on n'a pour l'instant aucun autre cas du variant anglais" tempère Jacques Bartoletti, le directeur général délégué du laboratoire d'analyse Bioestérel.

Un test PCR de dépistage du Covid-19 réalisé par un biologiste.
Un test PCR de dépistage du Covid-19 réalisé par un biologiste. © Philippe Renault / MAXPPP

Dans le Var aussi

"J'en ai à Toulon à Gap, Manosque, on en a partout. Ça sera le cas partout en France dans deux mois. C'est un non-sujet car il n'est pas plus grave (que le virus actuel) !" Vincent Raimondi médecin biologiste et directeur de Cerballiance Côte d'Azur est très remonté.

Le 7 janvier, son laboratoire a envoyé 23 suspicions à cette souche anglaise pour analyse à Lyon sur 300 tests positifs.

"Je ne vois pas l'intérêt de ce gaspillage d'argent public. C'est la même maladie, les mêmes complications et le même vaccin. La messe est dite, comme il est un peu plus contagieux, il prendra forcement la place de l'autre. Faisons respecter les gestes barrières. Accélérons la vaccination ! On est ridicules !" s'exclame Vincent Raimondi.
"Dans le village de Saint-Véran, dans les Hautes-Alpes, on a fait tester 250 personnes pour une personne qui est peut-être positive à la souche anglaise. Vous vous rendez compte ?" ajoute-t-il.

Le taux d'incidence des 6 départements de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (nombre de personnes positives pour 100 000 habitants) :

On peut aujourd'hui se poser la question de l'intérêt de l'analyse de cette souche, du séquençage et de combien d'argent est utilisé pour le faire. Selon les biologistes que nous avons interrogés le variant anglais prendra forcément la place de la version actuelle du virus, ce n'est peut-être qu'une question de mois ou de semaines.
Le risque aujourd'hui est l'apparition d'un autre variant qui sera peut-être différent au niveau des symptômes, plus graves, et de la résistance au vaccin.

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