Violences faites aux femmes : 10 millions d'euros débloqués par la région Paca

Renaud Muselier, président de la région Paca, présentait ce jeudi les 1ères assises régionales de lutte contre les violences faites aux femmes, à Marseille. Une façon d'initier un plan d'action autour de mesures concrètes, comme la mise en place de 1.000 logements d'urgence supplémentaires.

102, c'est le nombre de femmes tuées par leurs compagnons ou ex-compagnons depuis le début de l'année en France. Elles étaient 125 en 2020 et 173 en 2019.

Au niveau national, les violences ont augmenté de 10% en 2020, rapporte le ministère de l'Intérieur. 220.000 femmes déclarent chaque année subir des violences, comme Lisa*, 22 ans, qui a réussi à échapper à son bourreau et qui vit désormais dans un refuge marseillais. 

Depuis cinq ans, le nombre de plaintes a augmenté de 50% dans les Bouches-du-Rhône. 600 sont déposées chaque année dans le département dont 70% à Marseille. 51 téléphones grave danger ont été attribués, ainsi que 16 bracelets anti-rapprochement.

"Parfois il y a un danger pour les victimes, il faut les sécuriser, leur proposer un hébergement, une solution de garde pour les enfants et très vite déclencher l'enquête pour retrouver les auteurs" explique Frédérique Camilleri, préfète de police des Bouches-du-Rhône.

10 millions d'euros débloqués par la région

Le président de la région Renaud Muselier a présenté les Assises régionales de lutte contre les violences faites aux femmes ce jeudi matin, réunissant l'ensemble des acteurs engagés pour cette cause. La région s'est engagée à y consacrer près de 10 millions d'euros.

Des actions vont être lancées dès 2022 comme la création d'hébergements pour les victimes, la création d'arrêts à la demande de la personne dans les bus ou encore la mise en place d'actions de prévention et de sensibilisation dans tous les lycées de la région.

"On est la troisième région de France en nombre d'appels de femmes battues, en difficultés ou en désespérance, a déclaré Renaud Muselier. L'idée c'est d'en faire une des causes majeures de la région avec le harcèlement scolaire.(...) On débloque 10 millions d'euros pour trouver des places d'hébergement, pour appuyer sur des boutons d'appel d'urgence sur des applications".

Au total, 10.000 femmes pourront appuyer sur un bouton spécial pour appeler à l'aide. Une application permettra également aux victimes de s'arrêter quand elles le souhaitent dans les bus, au plus près de leur domicile entre deux arrêts.

Toutes les mesures seront présentées lors de l'Assemblée plénière du 17 décembre. 

"On est la première région à mettre autant de moyens dans cette démarche, a avancé le président de la région Paca. Je veux renouveler ces assises".

Jean Castex annonce de nouvelles mesures 

Selon les derniers chiffres du gouvernement, 60 places d'hébergement ont été créées depuis 2017, 3.000 téléphones grave danger ont été déployés et 88.286 policiers et gendarmes ont reçu une formation pour un meilleur accueil et accompagnement des victimes. 

Jean Castex a annoncé ce jeudi de nouvelles mesures pour "renforcer la protection des victimes et la lutte contre les violences". "1.000 nouvelles places d'hébergement seront ouvertes en 2022, avec un financement équivalent à celui prévu en 2021 afin de permettre un accompagnement de qualité".

"En tout, 9000 places seront dédiées à l'accueil des femmes victimes de violences fin 2022", a assuré Matignon. Par ailleurs, 5.000 téléphones grave danger seront rendus disponibles en 2022, dispositifs "qui ont fait leurs preuves et qui sont efficaces pour protéger les victimes de leur agresseur", selon Matignon.

Une semaine de sensibilisation à l'école

Le Premier ministre a également annoncé le lancement d'une "semaine de l'égalité entre les filles et les garçons (...) dès l'année prochaine à l'école, la semaine du 8 mars".

"Elle permettra aux enseignants et aux élèves de se mobiliser autour de projets forts sur l'égalité entre les filles et les garçons, et d'en appréhender les différentes facettes".

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