Le CFCM "surpris" par la fin annoncée du projet de grande mosquée de Marseille

La ville de Marseille s'apprête à résilier le bail emphytéotique conclu en 2007 pour 50 ans avec l'association portant le projet de grande mosquée, sur le terrain des anciens abattoirs. Le dossier sera débattu lundi en conseil municipal. Le CFCM se dit surpris par cette décision.

La moquette du projet de Grande Mosquée de Marseille
La moquette du projet de Grande Mosquée de Marseille © BUREAU ARCHITECTURE MEDITERRANEE / AFP
Le Conseil français du culte musulman (CFCM) s'est dit vendredi "surpris" de l'annonce "unilatérale" par la mairie de Marseille de la fin du projet de grande mosquée dans la deuxième ville de France, en disant sa "disponibilité" pour "accompagner" ce chantier.

Le conseil municipal de Marseille doit se pencher lundi sur la résiliation du bail emphytéotique conclu en 2007 pour 50 ans avec l'association portant ce projet, sur un terrain de 8.000 m2, à la place d'anciens abattoirs, au nord de la ville. 

Un chantier qui n'a jamis vraiment commencé

Parmi les raisons de cette résiliation, la municipalité a invoqué un problème de recouvrement des loyers, avec une dette de 62.000 euros, et le blocage d'un chantier qui n'a jamais vraiment commencé.

Nous sommes surpris de cette décision unilatérale de la mairie sans consultation préalable ni préavis",


a réagi le président du CFCM, Anouar Kbibech.

Pour le responsable de l'instance représentative du culte musulman, ce projet présentait la vertu d'être "réellement ouvert aux différentes composantes de l'islam de France et à des populations marseillaises de diverses origines".

"Dans le contexte actuel, où l'on a besoin de gestes d'apaisement et de consolidation du vivre-ensemble, l'arrêt de ce projet est un très mauvais signal envoyé à la société française et aux citoyens français de confession musulmane", a-t-il estimé. La cité phocéenne compte quelque 220.000 musulmans, dont 70.000 pratiquants, sur 850.000 habitants, selon une estimation établie à partir de données du conseil régional du culte musulman (CRCM) et de la préfecture des Bouches-du-Rhône.

Des solutions alternatives de financement

L'agglomération abrite 70 mosquées et salles de prière officielles, selon le CRCM, mais n'a pas de grande mosquée. La France, dans son ensemble, a d'ailleurs peu de lieux de culte musulman de grande taille: selon un rapport sénatorial, près des deux tiers des 2.500 mosquées et salles de prière ont une surface inférieure à 150 mètres carrés.

"Dans une métropole comme Marseille, ce serait vraiment dommageable qu'il n'y ait pas de lieu symbolique qui puisse réunir l'ensemble des habitants de confession musulmane", a souligné le président du CFCM, annonçant l'envoi d'une lettre au maire Jean-Claude Gaudin (LR) pour infléchir sa position. "Le CFCM réaffirme sa disponibilité pour  accompagner le projet. Des solutions alternatives de financement sont envisageables, notamment avec la future fondation pour l'islam de France, pour la partie culturelle, et l'association culturelle nationale qui va se mettre en place", a fait valoir Anouar Kbibech.
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