Des colis jetés aux détenus des Baumettes contiennent des armes et de la drogue

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Écrit par Annie Vergnenegre

Les syndicats de gardien des Baumettes s'alarment de la recrudescence des colis lancés depuis l'extérieur aux détenus. Une cinquantaine rien que le 12-13 juillet 2014. Certains contenaient de la drogue ou des couteaux, des matraques ou des portables. Les gardiens demandent plus de moyens. 

Une cinquantaine de colis ont été jetés dans la cour de promenade des détenus le 13 juillet 2014. Pour les syndicats des personnels surveillants du centre pénitentiaire des Baumettes, "un cap a été franchi".

Ils dénoncent une recrudescence des "projections" de colis lancés depuis l'extérieur à destination des détenus, contenant pour certains des couteaux et de la drogue.

Selon le Syndicat pénitentiaire des surveillants (SP) les contacts des détenus se servent pour agir du chantier de l'extension de l'établissement. Celui-ci serait "très mal sécurisé", avec la présence d'un seul vigile d'une société de sécurité privée.

Un vigile dépassé, "face à des jeunes s'introduisant en sprintant, avant de lancer le colis de l'autre côté, dans la cour de promenade", explique aussi David Cucchietti, responsable CGT.

Fouilles inutiles

Matraques, couteaux, téléphones portables et drogue ont ainsi été découverts dans les quelques colis que les surveillants ont pu récupérer ce week-end.

"Mais en général,les colis, à peine arrivés dans la cour, sont très vite remontés aux fenêtres", ajoutent les syndicats, rendant les fouilles caduques.

Sécurisation insuffisante

Le directeur interrégional des services pénitentiaires, Philippe Peyron, a fait savoir qu'il ne souhaitait pas "communiquer sur ce sujet".

Les syndicats indiquent que M. Peyron a pu "assister en direct" à une projection de ce type lors d'une visite aux Baumettes le 17 juin. 

La décision de mettre en place un gardiennage du chantier a été prise dans la foulée de sa visite, selon les syndicats, pour qui cette "sécurisation" est cependant insuffisante. Ils estiment également que leur sécurité n'est plus assurée.

Manque d'effectifs

La CGT réclame des effectifs supplémentaires, de façon à pouvoir "intervenir dans le périmètre où sont lancés les colis".

M. Cucchietti estime à 65 le nombre des personnels surveillants manquant dans l'établissement, sur 581. SPS et CGT chiffrent à 160% la surpopulation carcérale, soit 1.900 détenus pour 1.300 places.