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La députée PS Sylvie Andrieux sur le banc des prévenus pour détournement de fonds publics

© AFP
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La députée socialiste des Bouches-du-Rhône Sylvie Andrieux, soupçonnée de détournement d'argent public au détriment de la région Paca sur fond de clientélisme politique, s'est retrouvée lundi devant le tribunal correctionnel de Marseille.

Par Christophe Monteil

Renvoyée pour le détournement de quelque 740.000 euros, Mme Andrieux risque dix ans de prison et 150.000 euros d'amende. La justice soupçonne l'ancienne vice-présidente de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca), députée depuis 1997, d'avoir présenté au vote du Conseil régional des dossiers de demandes de subventions d'associations fictives, dans le but de rétribuer des personnes l'ayant aidée à s'implanter et à se faire élire dans certains quartiers,
notamment dans le XIVe arrondissement.
               
Absent au procès en raison de problèmes de santé, Rolland Balalas, l'ex-attaché parlementaire de Mme Andrieux, avait clairement expliqué au cours de l'instruction que des subventions étaient accordées avec des "visées électoralistes".
               
Brushing blond et tirée à quatre épingles dans un tailleur pantalon noir, l'élue des quartiers Nord de Marseille va côtoyer pendant ce procès, qui doit durer jusqu'au 22 mars, 21 autres prévenus, soupçonnés d'avoir participé à ce vaste système et dont certains ont le casier judiciaire bien chargé: l'un d'eux a ainsi été condamné pour violences et séquestration, faux et escroquerie, un autre à huit de prison pour tentative de meurtre.
              
L'audience a débuté peu avant 09h00 par l'examen d'une demande de renvoi faite par les trois avocats de la députée, qui ont expliqué n'avoir pas pu consulter une quarantaine de dossiers de subventions mis sous scellés, malgré un souhait
adressé en février dernier.
               
"Nous demandons à être l'égal du ministère public, à avoir accès à ces scellés qui constituent la base des poursuites, afin d'avoir un procès équitable", a souligné Me Gaëtan di Marino. Après une suspension d'une dizaine de minutes, la présidente, Christine Mée, a rejeté cette requête, rappelant que ces "scellés, numérotés de 1 à 48 et fermés en juillet 2008", n'avaient jamais fait l'objet de demande d'ouverture de la part des avocats de l'élue, dans le laps de temps compris entre sa mise en examen, en juillet 2010 et la clôture de l'instruction, deux ans après.
               
"Il fallait vous réveiller à temps", a résumé le procureur de la République, Jean-Luc Blachon, ce à quoi Me di Marino a protesté devant "une justice à yeux fermés". L'audience a alors repris, avec la lecture de l'ordonnance de renvoi, les auditions des premiers prévenus étant prévues dans l'après-midi.
               
Mi-2007, une enquête avait été ouverte après le signalement par Tracfin, la cellule anti-blanchiment du ministère de l'Économie, de flux financiers suspects entre juin 2005 et janvier 2007 sur les comptes d'associations et sociétés de BTP installées dans les quartiers Nord de Marseille.

Cet argent a notamment servi à financer l'achat de voitures ou d'ordinateurs, mais plus généralement à assurer un train de vie confortable à des dirigeants d'associations, dont certaines avaient à peine quatre mois d'existence, a rappelé la présidente, précisant également que chacune aurait dû être "gérée de manière désintéressée", en toute "transparence démocratique", ainsi que le prévoit la loi du 1er juillet 1901. "Une subvention n'est pas un dû", a par ailleurs ajouté Mme Mée en préambule des débats.

La région PACA s'étant portée partie civile, son président, le socialiste Michel Vauzelle, témoignera, à sa demande, le 12 mars. Mme Andrieux, qui est apparue calme et détendue, se laissant photographier et filmer facilement, et plaisantant avec ses avocats, sera quant à elle entendue les 14 et 15 mars.

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