Municipales à Marseille : ils votent pour la première fois et ont des choses à dire

Municipales à Marseille : Lucas (gauche) et ses amis, étudiants en BTS au lycée Périer, discutent à la sortie des cours.
Municipales à Marseille : Lucas (gauche) et ses amis, étudiants en BTS au lycée Périer, discutent à la sortie des cours.

Ils ont entre 18 et 21 ans et, en mars prochain, ils iront voter aux municipales. Ce sera la première fois qu'ils participeront à l'élection du maire de Marseille. Transports, écologie, orientation... Lucas et ses camarades du lycée Périer ainsi qu'Amel, vendeuse, veulent faire entendre leurs idées.

Par Nesrine Slaoui

"Le recyclage Marseille, on en est où là ?", s’indigne Lucas. L’étudiant de 18 ans en BTS commerce international interpelle la mairie : "Vu le nombre d’habitants, on produit tellement de déchets. Installez au moins deux poubelles : une rouge, une verte et voilà".

Son camarade Saphir, originaire de Toulon, surenchérit : "Comparé à d’autres villes, Marseille n'est pas très propre alors qu’il faudrait jouer là-dessus pour attirer plus de touristes".

Les deux jeunes hommes, venus ici pour leurs études supérieures, iront voter aux municipales pour la première fois en mars prochain. Comme la grande majorité des Marseillais, 59% selon un récent sondage Ipsos, la propreté est leur principale préoccupation.
Municipales : sondage Ipsos publié le 17 janvier sur les préoccupations des Marseillais.
Municipales : sondage Ipsos publié le 17 janvier sur les préoccupations des Marseillais.

Plus de transports dans les quartiers nord

Devant le lycée Périer, dans le 8ème arrondissement, la conversation est lancée. Lycéens en terminale et étudiants, primo-votants, réfléchissent à comment améliorer leur quotidien.

Les échanges sont animés de ces voix que l'on entend peu ailleurs. Houssem gare son scooter quelques mètres plus loin. En plus de préparer son bac STMG, le jeune majeur travaille pour une plateforme de livraison de repas.

"Il faut plus de métros et de tramways dans les quartiers nord, parce qu’il n’y en a pas beaucoup, même pour aller à la plage en été par exemple. Les lycéens n'ont pas le permis et ils ne peuvent pas tous acheter un scooter comme moi" précise-t-il, le casque encore vissé sur sa tête. 
Marseille : dès qu'il finit les cours, Houssem enfourche son scooter 30h par semaine pour livrer des commandes.
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Ceux qui résident dans ces quartiers populaires sont d’accord avec lui. Après l'entraînement de foot du soir ou les derniers devoirs à la bibliothèque, une vraie "galère" de rentrer chez soi en transports, avant 22 heures, tant ces zones sont mal desservies, selon eux. 

Idriss qui vit à Font-Vert, dans le 14ème arrondissement de Marseille propose de rallonger le métro et d’augmenter la fréquence des bus : "Il faut aussi plus d’activités et des associations pour décourager les jeunes de mal tourner en les occupant", rajoute le lycéen de 17 ans.

Mieux accompagner les jeunes

Dans la rue d’en face, Amel sert sandwichs et salades aux clients de midi. La vendeuse de 21 ans travaille à temps partiel depuis quelques mois, faute d’avoir trouvé une orientation après le bac.

"J’aimerais que la ville accompagne et informe plus les jeunes après le lycée et au début de leur vie active. Si j’avais été bien informée, j’étudierai encore".
Marseille : Amel est vendeuse au snack Comptoir Montagu depuis 4 mois
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Pendant ces études, elle ne connaissait ni les aides au logement, ni les réductions pour les étudiants, donc elle a préféré la sécurité de l'emploi.

La jeune active votera pour le candidat qui intègrera cet aspect dans son programme même si elle craint de ne pas recevoir sa carte d’électrice à temps. La date limite d'inscription sur les listes électorales est le 7 février 2020.
 

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