Covid 19 : à la mer ou à la montagne, les professionnels du tourisme font grise mine face à ces vacances particulières

Les vacances d'hiver commencent vendredi et si habituellement les Français se tournaient vers les stations de ski, la crise sanitaire a changé la donne. Avec la fermeture des remontées mécaniques imposée par le gouvernement, les réservations sont en baisse et d'autres destinations en profitent.

Belle neige à Auron en ce début d'hiver 2020... Mais sans skieurs !
Belle neige à Auron en ce début d'hiver 2020... Mais sans skieurs ! © Manon Hamiot FTV

Des vacances bouleversées. En raison de la pandémie de Covid-19, les Français vont être moins nombreux à partir pour ces vacances de Noël, qui débutent vendredi 18 décembre. "En temps normal, près de 25% des Français partent en vacances à cette période, ils devraient être deux fois moins nombreux à le faire, et quatre fois moins à quitter l'Hexagone", explique à France 3 Didier Arino, directeur du cabinet spécialisé Protourisme. Cette année, les Français semblent privilégier des vacances "à la maison", et cela change beaucoup de choses pour les professionnels du tourisme.

Le Airbnb préféré aux locations classiques

Aux logements locatifs classiques, du type hôtels ou villages vacances, "le Airbnb est le moyen qui s'en sort le mieux", détaille ainsi le spécialiste. A Marseille, l'agence CocoonR, spécialiste dans la location entre particuliers observe, un taux de remplissage de 50% pour Noël et 60% pour la dernière semaine de décembre. 

"On sauve les meubles, nous avons enregistré un pic de réservation depuis le déconfinement du 15 décembre, enregistrant pour Marseille, autant de réservations en 5 jours qu'en 2 semaines, et cela n'est pas fini, détaille Sylvain Lafon de l'agence CocoonR. Tout était très calme mais deux jours avant le nouveau déconfinement, nos réservations ont explosé."

"Moins de 2,5% de la population va occuper des hébergements locatifs cette saison", relativise de son côté Didier Arino. Et avec la fermeture des remontées mécaniques, la destination montagne est beaucoup moins prisée . "De nombreux hôtels de luxe et des clubs Méd n'ont même pas ouverts leurs portes", explique le spécialiste du tourisme

La montagne boudée par les vacanciers

"Le taux de nuitée est de 30% pour la semaine de Noël et de 36 % pour le nouvel an. Cela représente une baisse de reservations de 58% par rapport à l'an dernier", précise Emmanuelle Tahmazian, directrice de l'office du tourisme des Orres dans les Hautes-Alpes.

Avant l'annonce de la fermeture des remontées mécaniques, "on était sur un bon train de réservation, mais dès l'annonce de Jean Castex les annulations se sont enchaînées, c'est un vrai coup dur pour la profession et le manque à gagner ne se rattrapera jamais", déplore-t-elle.

La station de ski a pourtant mis les petits plats dans les grands, "encore plus que d'habitude, pour satisfaire les vacanciers fidèles qui seront présents. De nombreux aménagements ont été prévus", annonce la directrice de l'office du tourisme. Au programme, par exemple : front de neige aménagé en piste de luge pour les enfants, click and collect pour les restaurants, mesure de distanciations, etc.

Si la montagne n'a pas la côte cet hiver, "les vacanciers ont choisi des destinations de littoral", souligne Didier Arino.

"Nous espérons des mouvements de dernières minutes"

Mais là encore, tout le littoral n'est pas logé à la même enseigne. "Les vacanciers ont privilégié la Normandie, la Vendée, la Bretagne et le sud atlantique. Même la Côte d'Azur a dû mal à s'en sortir sans la clientèle étrangère habituelle, bien qu'elle soit mieux lotie que le reste de la méditerranée", précise Didier Arino.

"Sur Saint-Malo nous enregistrons une forte hausse de notre taux d'occupation passant de 60% en 2019 à 80% pour les fêtes de fin d'année", précise Sylvain Lafon. Sur les autres villes sur lesquelles CocoonR est présent : Bordeaux , Nantes, Rennes et Toulouse notre taux d'occupation moyen a gagné 10% par rapport à 2019."

Les grandes villes, de leur côté, n'attirent pas non plus pour les fêtes, selon Didier Arino. Une information confirmée à Marseille, où les hôtels sont loin de faire le plein.

"Si la période est souvent calme, nous avions l'espoir cette année justement de pouvoir accueillir les clients qui ne se rendent pas en montagne, glisse Marie-Sarah Dosson, directrice adjointe de l'Hôtel Carré Vieux-Port. Mais pour le moment, ce n'est pas le cas."

"Au contraire, au lendemain des annonces de Jean Castex, nous avons eu une vague d'annulation, pour le 31 décembre notamment."

Marie-Sarah Dosson

"Toutes les villes du Sud sont dans le même cas de figure. Marseille, Cannes, Nice... égraine celle qui est lien avec ses homologues de la région. Nous espérons des mouvements de dernières minutes, car pour le moment nous sommes à près de 60% de réservations en moins par rapport à l'an dernier sur la même période."

Selon elle, "les grands groupes hôteliers qui possèdent plusieurs établissements dans la même ville, regroupent les réservations sur un seul site et ainsi optimiser le fonctionnement".    

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