REPLAY. Croatie : une réglementation des zones de pêche pour préserver la biodiversité de la fosse de Jabuka

Un tiers des populations de poissons de Méditerranée a disparu au cours des cinquante dernières années. Changement climatique, pollution, mais surtout la surpêche sont à l’origine de ce déclin.

La mer Adriatique  est particulièrement touchée par la disparition de certaines espéces. Il y a une quinzaine d’années les rythmes de pêche étaient différents, beaucoup plus intensifs. Les ressources étaient en danger, victimes de la surpêche.

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En 2017, les autorités italiennes et croates ont mis en place une zone de pêche pour protéger la biodiversité. Une zone de 3.000 m², la fosse de Jabuka . Elle est interdite à la pêche depuis 2017. Quelques années plus tard les résultats dépassent les espérances.

Protection renforcée

La fosse de Jabuka est une zone de croissance et de reproduction des poissons les plus importants de la mer Adriatique. D’après les données scientifiques, les pouvoirs publics font tout pour préserver ce lieu. Les dialogues et négociations ont été effectués dans les secteurs de la pêche en Croatie et en Italie et entre les 2 administrations.

Les pêcheurs se sont tournés vers les scientifiques qui les conseillent pour une pêche plus durable. Le but  de cette coopération est de trouver un équilibre entre la pêche, les revenus des pêcheurs et l’état des ressources.

Selon Josko Pedisic, patron pêcheur "les pêcheurs pêchent de l’argent pas des poissons donc si on voit qu’on gagne plus qu’avant ça veut dire qu’on pêche plus qu’avant". Les navires de plus de 15 mètres de l’Union Européennes ont dû s’équiper d’appareils électroniques et d’un mouchard pour éviter la zone interdite à la pêche.

Contrôles de la pêche et du matériel

 Au ministère de l’Agriculture et de la Pêche à Zagreb, les contrôleurs observent en temps réel la position, la vitesse et le cap de tous les chalutiers.

Les infractions relevées sont souvent très proches de la zone de pêche interdite environ de 50 mètres par mauvais calculs.

 Les inspecteurs effectuent des contrôles minutieux : tailles des filets, matériel, les papiers du bateau, le journal de bord électronique rendant compte de toutes les sortiers en mer.

Les poissons pêchés ne doivent pas être trop petits. Ceux trop petits ne doivent pas se retrouver sur le marché et sont rejetés en mer. Les contrôles quotidiens sont aléatoires ou sur demandes du ministère en fonction des données transmises par les appareils de traçage, les VMS. 

Succès des nouvelles pratiques

Depuis 4 ans les efforts portent leurs fruits. Les membres de l’Institut d’océanographie et de pêche de Split ont constaté que la population de certaines espèces phares de la région comme le merlu ou la langoustine avait doublé.

Les effets de la zone réglementée se font sentir dans tout l’Adriatique nord. Les pêcheurs gagnent correctement leur vie. Le stock de poissons se reconstitue dans une mer qui il y a quelques années semblait condamnée à la surpêche.

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