GIEC à Monaco : le dernier rapport des experts du climat est alarmant

Le groupe de climatologues de l'ONU a passé 5 jours à Monaco pour passer au crible l'état de la planète et rendre un rapport de 900 pages. / © Jean-François Ottonello - MAXPPP
Le groupe de climatologues de l'ONU a passé 5 jours à Monaco pour passer au crible l'état de la planète et rendre un rapport de 900 pages. / © Jean-François Ottonello - MAXPPP

Victimes du réchauffement, les océans et les zones gelées dépérissent à grande vitesse, menaçant des pans entiers de l'Humanité. Il faut réduire au plus vite ses émissions de CO2, avertit un rapport alarmant du Giec. Le groupe d'experts climat de l'ONU s'est réuni à Monaco pendant 5 jours. 

Par AM, avec AFP.

Sans surprise, le constat des experts du climat est alarmant. Le groupe de climatologues de l'ONU a passé 5 jours à Monaco pour passer au crible l'état du climat et de la planète. Le constat du Giec est sans appel : victimes du réchauffement, les océans et les zones gelées dépérissent à grande vitesse, menaçant des pans entiers de l'Humanité qui doit réduire au plus vite ses émissions de CO2 pour limiter les dégâts. Des recherches qui intéressent aussi beaucoup le Prince Albert et sa fondation.

Submersion


Montée du niveau des océans, petites îles menacées de submersion, glaciers qui disparaissent, méduses qui prolifèrent dans les eaux plus chaudes de la Méditerranée... Certains des impacts dévastateurs du changement climatique sont déjà "irréversibles", remarquent les experts. Une conférence que l'on pouvait suivre en direct sur Facebook : 
 

Document de 900 pages


Seule la réduction des émissions de gaz à effet de serre pourrait faire une vraie différence. Les modifications de l'océan ne s'arrêteront pas soudainement en baissant les émissions, mais leur rythme devrait être ralenti. La climatologue française Valérie Masson-Delmotte a participé à la rédaction du document de 900 pages basé sur des milliers d'études scientifiques. Sur son compte Facebook, elle avait partagé le précédent rapport du GIEC sur le changement climatique et l'utilisation des terres : 
La scientifique souligne : 

Ça donne plus de chances de conserver les écosystèmes, et ça permettrait de gagner du temps.

 

Inhabitables


Gagner du temps pour, par exemple, se préparer à la montée des eaux qui favorisent les vagues de submersion et les tempêtes. Construire des digues autour des grandes mégapoles côtières comme New York ou anticiper le déplacement peut-être inéluctable de certaines populations, notamment celles de petits Etats insulaires qui pourraient devenir inhabitables d'ici la fin du siècle. Tout comprendre au mécanisme du réchauffement climatique en 4 minutes grâce à cette vidéo du journal Le Monde sur You Yube : 
 

"Redéfinir les littoraux du monde entier"


Le niveau des océans a augmenté 2,5 fois plus vite au début du XXIe siècle qu'au XXe, et va continuer à s'accroître. Ce n'est "pas un problème technique ou environnemental. On ne peut pas mettre un pansement dessus pour le faire disparaître", insiste un autre auteur, Bruce Glavovic, de l'université Massey en Nouvelle-Zélande. Il explique :

Cela va redéfinir les littoraux du monde entier, là-même où la population est concentrée.

Centaines de milliards de dollars


Sur ces côtes, construire des protections contre la montée des eaux pourrait réduire de 100 à 1.000 fois les risques d'inondations, selon le rapport. A condition d'investir "des dizaines à des centaines de milliards de dollars par an". Ces protections seraient toutefois plus efficaces pour les mégalopoles côtières que les grands deltas agricoles ou les petits Etats insulaires qui n'auraient de toute façon pas les moyens de financer ces grands travaux.
 

Evénements météo extrêmes

 
Au total, selon le rapport, plus d'un milliard de personnes vivront d'ici le milieu du siècle dans des zones côtières peu élevées particulièrement vulnérables aux inondations ou à d'autres événements météo extrêmes amplifiés par la montée du niveau de la mer et le dérèglement climatique.

Petites îles frappées d'ici 2050



Et même dans un monde à + 2°C, de nombreuses mégapoles et petites îles devraient être frappées d'ici 2050 au moins une fois par an par un événement extrême qui ne se produisait jusqu'alors que tous les cent ans. Les océans, qui couvrent plus de 70 % de la surface du globe, ont absorbé environ un quart de ces émissions et 90 % de la chaleur supplémentaire générée par le CO2 produit par l'Homme. Avec des conséquences importantes : hausse de la température de la mer, acidification et perte d'oxygène.

Promesses trop "faibles" 


Ces bouleversement entraînent des impacts en cascade sur les écosystèmes dont dépend l'Homme. Comme les récifs coralliens qui servent de nurserie à de nombreuses espèces de poissons ou les régions de montagnes alimentées en eau par les glaciers. Ce rapport adopté par les 195 Etats membres du Giec est le quatrième opus scientifique de l'ONU en un an à tirer la sonnette d'alarme sur les impacts du dérèglement climatique. Mais malgré le constat sans appel de la science et la mobilisation de millions de jeunes dans les rues du monde entier la semaine dernière, les dirigeants mondiaux réunis à New York lundi n'ont pas été à la hauteur des engagements nécessaires, accusent les défenseurs de la planète. 
 

"Faire sauter la banque au casino"



Le monde s'est engagé en 2015 dans l'accord de Paris à limiter le réchauffement à + 2°C, voire + 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines. Stephen Cornelius, du WWF, ironise :

Avec ces faibles promesses des Etats, nous avons probablement plus de chance de faire sauter la banque au casino de Monte-Carlo que de limiter le réchauffement à + 1,5°C.

Un monde à + 3°C


Les engagements internationaux actuels, s'ils étaient respectés, conduiraient à un monde à + 3°C. Le Giec note dans son rapport que les océans peuvent aussi offrir des solutions pour aider à réduire ces émissions, notamment par le développement des énergies renouvelables.
 

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