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Gilets jaunes : France 3 vous donne la parole, vos témoignages en Paca

Le barrage filtrant des gilets jaunes au péage de la Barque le 1er décembre 2018 / © Mariella Coste / France 3 Provence Alpes
Le barrage filtrant des gilets jaunes au péage de la Barque le 1er décembre 2018 / © Mariella Coste / France 3 Provence Alpes

Né d’une colère contre la taxe sur les carburants, ce mouvement a pris la première place dans nos conversations. Au travail, à la maison, sur les réseaux sociaux. Un empilement de doléances venues de la "France des oubliés". Vous êtes nombreux à avoir répondu à notre questionnaire. Extraits.

Par Mariella Coste

France 3 vous donne la parole ce dimanche 9 décembre à 10h50 à l’occasion de « Dimanche en Politique ». Une émission spéciale Gilets jaunes qui sera l’occasion de s’arrêter sur ce qui ne va plus pour ceux qui ont revêtu ce fameux gilet.

Nous vous avons sollicité pour nous expliquer les raisons de votre colère, pourquoi certains d'entre vous se mobilisent depuis le 17 novembre. Vous avez été nombreux à répondre à notre questionnaire. Voici vos témoignages recueillis de Menton à Arles, de Nice à Avignon. Des phrases révélatrices de ce mouvement hétéroclite.

Jérôme C. 50 ans, fonctionnaire. Meyreuil

Il a fait partie des premiers de la Barque, il vient de quitter le péage pour fédérer autrement, dans la rue, de façon pacifique, "sans hurler" comme il dit :

C'est pour mes libertés que je descends, le pouvoir d'achat en fait partie : offrir un bouquet de fleurs à ma femme, aller au cinéma ou partir en vacances avec mes enfants, sans toujours compter... Je ne peux plus faire ce dont j'ai envie je ne pense qu'à payer mes factures c'est tout.

 
Jérôme, sur le péage de La Barque. / © Mariella Coste France 3 Provence Alpes
Jérôme, sur le péage de La Barque. / © Mariella Coste France 3 Provence Alpes

Carole Kunc, 60 ans, au chômage. Marignane

Assistante de direction pendant 30 ans, conducteur de travaux dans le désamiantage, puis adjointe de direction dans le service technique d'une ville... "j'ai beau traverser la rue je ne trouve pas de travail... je ne dois pas être douée..."

Ce qui a fait tilt, c'est le côté hautain de notre président vis-à-vis du peuple. Il ne nous écoute pas. Je ne peux plus accepter les inégalités salariales, et les différences de taxation. L'ISF doit être rétabli.
 

Carole, sur un rond-point de Marignane. / © Carole K. / France 3 Provence Alpes
Carole, sur un rond-point de Marignane. / © Carole K. / France 3 Provence Alpes

Francis Maiga, 54 ans, chef d'entreprise. Pertuis

Francis est maçon, il est mobilisé depuis le 14 novembre dernier. "J'ai une petite voix qui me dit qu'il faut y aller tous les jours, je ne lâcherai rien". 

Ce qui m'a poussé à manifester c'est l'injustice constatée au quotidien, et le ras-le-bol des taxes. Je me sens de moins en moins libre. C'est normal que les gens pétent les plombs !


Valérie S. 53 ans, psychothérapeute. Aubagne

Valérie est descendue au rond point de Pas-de-Trets le second samedi, de manière très pacifique. Interpellée par les différentes revendications, dont la taxe carbone "assez nébuleuse sans savoir si elle allait vraiment servir à la cause écolo", elle voulait échanger avec d'autres citoyens et tout simplement écouter les autres, regrouper et s'informer auprès de différentes sources pour faire sa propre analyse et la partager. 

J'ai découvert une violence économique inacceptable. Je pensais qu'on avait un même socle en France, dans lequel tout le monde s'y retrouvait : Liberté, Égalité, Fraternité, on est tellement loin de la devise de la République... Je ne suis pas en colère mais dans l'indignation et dans une grande tristesse.

Nathalie Assandri, 38 ans, fonctionnaire. Saint Victoret

Nathalie est agent administratif dans un collège. Son mari est technicien dans une entreprise, et pourtant, avec 2 salaires, ils ont du mal à joindre les 2 bouts. "Nous avons la chance d'être propriétaires, nous payons 3 000 euros de taxe foncières et d'habitation, c'est lourd ! 

Les fins de mois sont difficiles. Ca devient désolant, il faut toujours réfléchir à 2 fois ne serait-ce que pour aller au restaurant. Heureusement que mes parents, retraités, nous aident !
 

Anaïs L. Solliès-Pont

Ce qui l'a fait enfiler un gilet jaune : la mauvaise gestion économique du gouvernement en général.

Les hôpitaux ferment un à un au profit d’usines à malades où le personnel médical est débordé et manque de moyens matériel. Une sécurité nationale négligée, des casernes de pompiers à la limite de l’insalubrité, des policiers avec des véhicules et du matériel mal entretenus avec des effectifs trop bas, des hommes qui sont confrontés chaque jour à la violence et l’humiliation dans des zones à risques.
 

Magali O. Arles

 Pour Magali, l'urgence c'est le pouvoir d'achat, les prix de l'électricité, du gaz, de la nourriture, sont de plus en plus élevés. 
 

Henri Dagramodjopoulos. Allauch

Son urgence : diminuer le nombre de sénateurs, leurs salaires et toutes les primes y compris les salaires des anciens présidents et supprimer tous leurs avantages.

Ce qui m'a fait descendre dans la rue : le pouvoir d'achat versus toutes les conneries du gouvernement : la vaisselle à 500 000 €, la piscine à la Londe et les travaux de rénovation de l'Elysée, alors que les gens sont dans la rue.
 

 Virginie J. Nice.

"J'ai rallié le mouvement parce que je voudrai pouvoir dire non à une Loi".

Ce qui m'a fait enfiler le gilet jaune ? L'injustice. Je veux offrir un avenir en France à mes enfants.
 

Dominique L. Peyruis

Le gilet jaune pourquoi ? Je voudrais être vue puisque nous ne sommes pas entendus ! 

Patrice F. Martigues

Son urgence : 

Les impôts sur le revenu sachant que seule la moitié des Français les paient je trouve cela inéquitable.
 

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