Swatting : un adolescent de 17 ans mis en examen à Gap

Un jeune gapençais de 17 ans a été placé en garde à vue, puis mis en examen pour des faits de swatting. / © Emmanuel Zini/FTV
Un jeune gapençais de 17 ans a été placé en garde à vue, puis mis en examen pour des faits de swatting. / © Emmanuel Zini/FTV

Un adolescent gapençais de 17 ans a été mis en examen dans le cadre d'une affaire de swatting. Il s'agit d'un canular téléphonique adressé à des services de secours ou de police, visant en général une victime à qui l'on veut s'en prendre, en l'accusant de faits graves. 

Par Ghislaine Milliet

Un Gapençais de 17 ans a été placé en garde à vue et mis en examen pour des faits de swatting. Ce terme indique un canular téléphonique.

C'est une pratique frauduleuse qui ne fait rire personne, explique cette vidéo de la gendarmerie: 
Par des coups de fil envoyés aux services de secours ou de police, l'auteur dénonce des personnes pour des faits graves, mais qui n'existent pas. Un acte de malveillance pour la ou les victimes, puni par la loi.

Crimes et délits imaginaires

Le swatting auquel a participé le jeune Gapençais, visait un commissariat de Saint-Maur-des-Fossés (94). Dans ce commissariat, un individu était censé avoir diffusé un chant islamique en fond sonore. Et d'autres délits ou crimes imaginaires étaient censés avoir eu lieu.

Le 10 octobre 2019, le parquet de Gap était destinataire d'un dessaisissement du parquet de Créteil pour des faits d'appels téléphoniques malveillants commis le 6 octobre au préjudice du commissariat de Saint-Maur-des-Fossés.

Apologie d'un acte de terrorisme

L'auteur présumé de ces appels était identifié et localisé sur Gap. Il s'agissait d'un mineur né en 2002 qui était déjà connu du juge des enfants de Gap pour des faits similaires commis jusqu'à présent en dehors de toute qualification terroriste.

Le parquet de Gap, compétent en raison du lieu de domiciliation du mineur suspecté, ouvrait une enquête qui était confiée au Commissariat de Gap. Le mineur âgé de 17 ans était placé en garde à vue le 11 octobre. Une garde à vue prolongée jusqu'à vendredi après-midi. 

Le jeune Gapençais a été mis en examen par le juge d'instruction des chefs de :
- appels téléphoniques malveillants réitérés
- menace de crime contre les personnes
- provocation directe à un acte de terrorisme
- apologie d'un acte de terrorisme
- dénonciation mensongère à une autorité judiciaire ou administrative entraînant des recherches utiles
- accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données

Placé sous contrôle judiciaire

Il a été placé sous contrôle judiciaire avec les obligations suivantes :
- se soumettre aux mesures de protection, d'assistance et d'éducation confiées à la protection judiciaire de la jeunesse
- respecter les conditions de placement au centre hospitalier St Egrève pour une durée de 6 mois.

D'autres appels malveillants ont été commis au préjudice de plusieurs autres commissariats du nord. Si bien que les parquets de Nanterre, Créteil et Bobigny sont sur le point de se dessaisir au profit du parquet de Gap en raison du lieu de domiciliation du mineur mis en cause. 

De son côté, l'adolescent reconnait avoir appelé le commissariat de Saint-Maur-des-Fossés en diffusant la musique de fond de l'Etat islamique mais il conteste les appels adressés aux autres commissariats. Il indique que d'autres personnes ont participé aux appels par le biais de conférences téléphoniques mises en place.

Il ne semble pas pouvoir s'expliquer sur les raisons qui l'ont amené à diffuser le chant de l' l'Etat islamique mais indique ne pas partager les thèses de l'Etat Islamique

explique Florent Crouhy, le procureur de la république de Gap.

Trouble du spectre autistique

"Une expertise neuropsychologique datée d'avril 2019 évoque des troubles du spectre autistique. Un syndrome Asperger a pu être évoqué."

"Aucun élément ne laisse apparaître à ce stade une suspicion de radicalisation (absence totale de pratique religieuse et encore moins de radicalisation à caractère terroriste). Maîtrisant parfaitement l'informatique, il était en relation régulière avec de nombreux hackers."

La saisie de téléphones et ordinateurs devrait permettre aux enquêteurs de déterminer précisément le mode opératoire et le nombre exacts d'appels illicites passés par le mineur.
 

Sur le même sujet

Les + Lus