Piqûres en boîte de nuit : deux enquêtes ouvertes dans les Hautes-Alpes

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Écrit par Marine Janissaire

Au moins quatre personnes déclarent avoir été piquées et droguées à leur insu dans des boîtes de nuit des Hautes-Alpes. Des enquêtes sont en cours.

Les faits se seraient déroulés dans la discothèque Le Final à Gap, le 23 avril dernier, où "deux à trois personnes" selon le parquet auraient été droguées à leur insu lors d’une soirée et, plus récemment, dans un établissement de Chorges, dans la nuit du 6 au 7 mai.

Dans ce dernier cas, ce sont un jeune homme et une jeune fille qui déposent plainte. Le parquet de Gap a confirmé l’ouverture de deux enquêtes pour violences volontaires avec arme par destination (des piqûres) et administration de substances illicites. Des analyses sont en cours pour déterminer ce qui a pu se passer.

Pour le gérant de la boîte de nuit mise en cause à Chorges, qui a vu les victimes présumées le soir même, "elles étaient juste alcoolisées". "Elles ont voulu voir les pompiers pour faire des analyses mais celles-ci se sont avérées négatives". La boîte de nuit dit cependant prendre très au sérieux le problème : "on a fait des réunions avec la Préfecture et la Gendarmerie, on fait ouvrir les cas et les sacoches, vestes à tous nos clients. Le vestiaire est obligatoire. Toute sortie est définitive. On a dû embaucher une quatrième personne et la Préfecture devrait nous fournir des protections anti-drogue pour les verres". Mais il dénonce une "psychose" : "On a perdu au moins 250 clients sur le samedi soir."

De plus en plus de plaintes

La problématique prend de l’ampleur, alors que de plus en plus de victimes se font connaître. Récemment, dans une tribune dans le Monde, plusieurs acteurs associatifs ont demandé des solutions face au problème. Il y était notamment question d’ "équiper l’ensemble des hôpitaux des moyens et des formations nécessaires à la réalisation de tests de détection des substances chimiques fréquemment utilisées dans ce type d’agression." Car, pour ce qui est du GHB, aussi surnommé la "drogue du violeur", le produit est présent moins de 12 heures dans les urines et quelques heures seulement dans le sang.

Dans ce contexte, les enquêtes sont rendues difficiles : les victimes attendent parfois d’aller mieux avant de déposer plainte. Dans la plupart des cas, les analyses toxicologiques se révèlent négatives. Ce qui incite les autorités à la prudence face à la multiplication des dénonciations.