Hautes-Alpes : les saisonniers des stations de ski appellent à la grève samedi 15 février

Les remontées mécaniques risquent de tourner au ralenti samedi 15 février / © Richard MOUILLAUD / MaxPPP
Les remontées mécaniques risquent de tourner au ralenti samedi 15 février / © Richard MOUILLAUD / MaxPPP

Les salariés des remontées mécaniques ont déposé un préavis de grève pour le samedi 15 février, date du chassé-croisé des vacanciers. Ils dénoncent les réformes de l'assurance-chômage et des retraites, qui impactent plus particulièrement leur statut de travailleur saisonnier. 

Par PG

Ils aident les skieurs à attraper leurs tires-fesses, à descendre du télé-siège, ils assurent l'entretien des remontées mécaniques, la sécurité des pistes... Les salariés des stations de ski sont nombreux. 
Dans la grande majorité, ce sont des travailleurs saisonniers. 

Samedi 15 février, ils seront pour certains en grève, à l'heure où les vacanciers débarquent en nombre en station. Dans les Hautes-Alpes, plusieurs stations sont concernées : Queyras, Puy-Saint-Vincent, Orcières, les Orres, Vars-Risoul, Serre Chevalier, Montgenèvre, la Grave, Val d’Allos… 

Les syndicats appellent en effet les saisonniers à débrayer quelques heures, ou une demi-journée. 

Une grève contre la réforme de l'assurance-chômage

Un emploi en station l'hiver, un autre, en vallée parfois l'été. Entre les deux périodes, les travailleurs sont indemnisés par l'assurance-chômage. Mais à partir du 1er avril, les règles d'indemnisation changent : il faut désormais minimum six mois d'activité salariée pour recharger ses droits au chômage, contre quatre auparavant. Le calcul du montant de l'indemnisation est également modifié : ce ne sont plus les seuls jours travaillés qui sont pris en compte, mais le revenu mensuel. 

Une réforme, qui entraînerait, selon le syndicat Force Ouvrière, une perte de 20 à 50% de l'indemnisation des saisonniers. Dans les stations de ski françaises, cela concerne, toujours selon le syndicat, plus de 17.000 contrats, d'une durée moyenne de trois mois et demi.

A Vars, dans les Hautes-Alpes, Rob Van Druenen est perchiste de décembre à avril. L'été, il est guide de rivière indépendant. Avec la réforme, il ne sera plus indemnisé entre les deux périodes : "la vie saisonnière est déjà assez difficile, les saisons de plus en plus courtes. Et si en plus on est plus indemnisé en intersaison, je ne sais pas comment on va faire", se désole-t-il. 

"La triple peine avec la réforme des retraites"

A Vars, sur les 180 salariés de la station, seulement 30 sont permanents. Pour Jean-Jacques Lecun, délégué du personnel dans la station, la réforme des retraites qui s'ajoute à celle du chômage, infligerait une "triple peine" aux saisonniers : "pendant les périodes où on est plus indemnisé, on ne pourra plus acquérir de trimestre pour les retraites, cela veut dire qu'il faudra travailler encore plus longtemps pour avoir une pension à taux plein", précise-t-il. 

D'après les chiffres du Ministère du Travail, entre avril 2018 et mars 2019, il y aurait eu en France près d'un million de contrats saisonniers, d'une durée moyenne de deux mois. Cela concerne en majorité les métiers de la restauration, de l'hébergement et des loisirs. Avec les nouvelles réformes, ces emplois pourraient perdre en attractivité. 

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