REPLAY. Débat départementales 2021 : les candidats du canton de Veynes au chevet de la montagne dans les Hautes-Alpes

Trois listes s'affrontent à Veynes pour ces régionales 2021, dont une menée par le président départemental sortant. Sur ce territoire de haute montagne, enclavé et durement affecté par une année noire pour le tourisme, le social est au coeur des préoccupations. Le débat est à retrouver ici. 

Trois listes - divers gauche, union de la droite et du centre, et sans étiquette - se présentent pour les départementales 2021 à Veynes
Trois listes - divers gauche, union de la droite et du centre, et sans étiquette - se présentent pour les départementales 2021 à Veynes © FTV

Les Hautes-Alpes comptent 30 conseillers départementaux, élus dans les 15 cantons du département. Les 20 et 27 juin 2021, les 3.159 habitants du canton de Veynes éliront deux des conseillers qui composeront ce conseil, marqué à droite ces six dernières années. 

En 2015, le binôme composé par Jean-Marie Bernard et Bernadette Saudemont pour l'union du centre et de la droite avait remporté la majorité des voix dans ce canton. L'ancien ingénieur à la retraite, encarté chez les Républicains, avait ensuite pris la présidence d'une majorité de droite plurielle au conseil départemental des Hautes-Alpes. 

Qui sont les candidats ? 

En plus du binôme sortant, candidat à sa réélection, se présentent cette année Sylvine Gauthier et Gérald Griffit, qui ont composé une liste divers gauche avec le PC, LFI, ou encore EELV. "Nous prônons une nouvelle façon de faire de la politique [...] avec un ensemble de citoyens qui ont décidé de se rassembler avec des forces politiques de gauche", détaille Gérald Griffit.

Dernier duo, Georges Allemand et Hélène Grinan-Moutinho, sur une liste qu'ils qualifient de "diverse". "Nous sommes sans étiquette politique [...] on peut être de droite, de gauche, tant qu'on mène une politique de bon sens", estime Hélène Grinan-Moutinho.

Jean-Marie Bernard, qui se représente cette année, avait fait parler de lui en septembre 2014 en proposant dans Le Dauphiné Libéré que l'État "prime les chasseurs tuant le loup", dans un département très touché par les attaques de loups sur les troupeaux de moutons.

Plus récemment, en février 2020, il avait profité de la cérémonie de départ de la préfète Cécile Bigot-Dekeyser pour lui remettre une queue de loup, revendiquant un "acte politique". Acte qui lui a toutefois valu 10.000 euros d'amende dont 5.000 avec sursis, une condamnation dont il a récemment fait appel

Politique sociale, jeunesse et personnes âgées

Dans ce département de haute montagne, très affecté par une année blanche sans tourisme, le volet social est particulièrement mis en avant pour cette élection. 

Pour ce qui est de l'accompagnement des jeunes, fragilisé par la crise sanitaire et économique, la liste divers gauche propose d'expérimenter une extension du RSA pour les 18-25 ans. 

Revenant sur son bilan social, le président sortant du département a rappelé le soutien apporté aux associations locales, pour lesquelles il a récemment débloqué une enveloppe de 400.000 euros. 

Les trois candidats ont aussi insisté sur l'attention à apporter aux personnes âgées, dont l'isolement s'est encore accru pendant la crise sanitaire. Hélène Grinan-Moutinho propose de créer un foyer logement sur le canton pour les personnes non-dépendantes, et Jean-Marie Bernard plaide pour trouver des solutions intermédiaires entre l'Ehpad et le maintien à domicile.  

Redonner du souffle à la montagne

Ce département de 135.000 habitants au sud des Alpes et au nord de la région Paca dépend fortement de l'activité des stations de ski pendant la période hivernale.

Pour y remédier, Gérald Griffit insiste sur l'importance de renforcer le "tourisme quatre saisons", afin d'accompagner la diversification des activités économiques dans les stations menacées par le réchauffement climatique. 

Hélène Grinan-Moutinho, de son côté, estime qu'il faut aussi désenclaver et accroître la connexion du territoire pour attirer de nouveaux travailleurs... ou télétravailleurs. "Il faut attirer de nouvelles entreprises grâce à notre qualité de vie, notre environnement [...] et pour cela, il faut passer par la fibre numérique".

Jean-Marie Bernard, enfin, prévoit que le département investisse au moins 60 millions d'euros par an pour relancer une économie sinistrée sur ce territoire.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
politique élections régionales 2021 élections montagne nature vie associative société