Nature et parcs photovoltaïques incompatibles

La justice marseillaise annule la construction d'un parc photovoltaïque en Provence.

Le tribunal administratif de Marseille a annulé la construction d'un parc photovoltaïque de 172 hectares et 96 mégawatts dans les Bouches-du-Rhône, une "victoire marquante pour la protection de la nature", se sont félicitées vendredi les associations à l'origine de la procédure.

Le parc, qui devait entrer en fonction en octobre, était situé dans une zone protégée Natura 2000. Les permis avaient été déposés par la société Voltalia, basée à Neuilly-sur-Seine. Selon le jugement en date du 24 mai, "les arrêtés (...) par lesquels le préfet des Bouches-du-Rhône a accordé huit permis de construire aux sociétés par actions simplifiées (...) ainsi que la décision rejetant le recours gracieux dirigé contre ces arrêtés sont annulés".

Les associations à l'origine de l'annulation

Le Conservatoire d'espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d'Azur, la Ligue pour la protection des oiseaux Paca, l'Association nature environnement cadre de
vie (ANEC), l'Union régionale vie et nature - France Nature environnement (URVN-FNE) et l'Union départementale vie et nature (UDVN-13).

Les panneaux de l'ex-chantier de La Barben -archives France 3

La Barben déjà annulée en février 2012

Le 15 février, ce même TA avait déjà suspendu les permis accordés pour la construction
des huit unités de production de parc, situé sur la commune de La Barben, près de Salon-de-Provence, car ils contrevenaient aux directives locales de protection de l'environnement. 

La nature pas assez protégée selon la justice

Selon ces associations, les juges "ont ainsi relevé l'insuffisance de l'évaluation des incidences du projet sur la faune et la flore et notamment sur l'aigle de Bonelli, espèce emblématique protégée (seulement 30 couples en France), et ont émis de sérieuses critiques concernant les mesures destinées à réduire ou compenser cet impact".

 

Opposée à la Directive territoriale d'aménagement 13

"Ils ont également souligné l'incompatibilité de la révision simplifiée du plan d'occupation des sols de La Barben (destinée à rendre possible l'opération litigieuse) avec les orientations de la des Bouches-du-Rhône relatives aux espaces naturels et forestiers sensibles du Département", ajoute leur communiqué commun.