La "carte postale" de la région Paca ternie par le mal-logement selon la fondation Abbé Pierre

La Fondation Abbé Pierre a rendu jeudi son rapport annuel. Des logements aux prix inaccessibles face à une population précaire, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, la Fondation Abbé Pierre s'alarme d'une "tendance absolument catastrophique".

De la moisissure sur les murs, lavabo descellé, murs fissurés ou encore plancher qui s'affaissent. Et un loyer de 500 euros par mois. Voilà l'un des exemples du mal-logement à Marseille.

La région Paca détient le record de pauvreté du pays. La crise sanitaire a augmenté le nombre de personnes touchées mais le phénomène n’est pas récent.

"Depuis une décennie, la pauvreté augmente deux fois plus vite ici qu’en France et les coûts du logement pendant ce temps-là s’envolent sans réponse publique à la hauteur," décrit Florent Houdmon, directeur de la fondation Abbé Pierre Paca.

Avec la crise du Covid, les 850.000 personnes qui vivaient déjà sous le seuil de pauvreté ont été durement frappées. Certaines se "débrouillaient", comme un funambule sur son fil. Elles sont tombées. Le logement devient alors le plus gros souci.

Tous les voyants sont au rouge en matière de mal-logement en région.

Florent Houdmon, directeur de la fondation Abbé Pierre Paca.

60.000 personnes sont en attente d'un logement. Une recherche difficile car Paca est devenue la région la plus chère du pays après l’Ile-de-France.

"Les prix du logement ont augmenté deux fois plus vite à Nice et à Marseille qu’à Paris". Il est plus difficile d’obtenir un logement social dans les Alpes-Maritimes qu’à Paris.

83 maires affichent qu’ils ne veulent pas de logement social "et pour nous ça c’est scandaleux par rapport à cette équation insoluble où la pauvreté augmente et les loyers s’envolent".

Marseille, l'habitat indigne

Avec le drame du 5 novembre 2018, l’habitat indigne est mis à jour à Marseille. De nombreux habitants sont délogés. Les difficultés pour reloger des victimes de l’habitat indigne interpellent.

"La crise sanitaire a agi à cet égard comme une loupe. Le déficit de connaissance est immense sur les besoins des personnes sans logement, et les réponses en hébergement largement insuffisantes ou bien insatisfaisantes", constate Florent Houdmon.

En conclusion, le rapport fait l'inventaire des objectifs à atteindre. Produire du logement accessible dans un territoire marqué par l’ampleur de l’habitat indigne et l’insuffisance de logement sociaux. Penser ensuite aux moyens de loger les personnes au statut administratif précaire vis-à-vis du droit au séjour. Et enfin, repenser l’organisation de l’hébergement d’urgence pour lui redonner pleinement sa place de mise à l’abri immédiate et inconditionnelle. 

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